Apprendre des langues façon gen Z

Mon dernier article portait sur la manière dont j’ai appris mes déclinaisons latines. Il permettait d’illustrer le côté créatif de la génération Z au niveau de l’apprentissage. Aujourd’hui, je vous parle encore une fois d’éducation, mais sur un autre domaine (quoi que, pas si éloigné) : apprendre des langues. 

Un petit rappel de mes origines

Pour mémoire, je suis franco-française. Du côté de mon père, tout le monde semble être franco-français. Bon, excepté si on va chercher au début des années 1 700 sur une branche à laquelle est raccrochée une certaine Josèpha, espagnole… Mais c’est un peu loin ça, non ? 😉

Du côté de ma mère c’est un peu plus compliqué. Mon grand-père a des origines autrichiennes. Ma grand-mère aurait des origines suisses. Au fil du temps, cette partie de la famille s’est retrouvée en France : en Alsace. Sauf qu’avec les guerres, les alsaciens étaient une fois français et une fois allemand. Bref. Vous voyez le tableau ?

Costumes traditionnels d'Alsace

Costumes traditionnels d’Alsace — Crédit photo : Wikipédia, Jebulon

Ma mère a pour langue maternelle l’alsacien (en Alsace, on ne parle pas français, on parle alsacien avant tout, encore aujourd’hui). Mais l’Alsace se situe en France. Alors dès son enfance, elle a été bercée par les douces sonorités de la langue française. Mais ce n’est pas tout (je vous l’ai dit, c’est compliqué de ce côté de la famille !) : la grand-mère maternelle de ma maman parlait alsacien mais aussi allemand et non français (c’est dû aux guerres).

En gros, ma mère parle couramment et sans accent alsacien, français et allemand en grande partie grâce à son héritage. Mais parfois, il lui arrive d’avoir des petits trous de mémoire en français ou en allemand… Mais ça reste entre nous ça, hein 😉 Il ne faut pas lui dire, elle risque de mal le prendre…

Les langues à l’école

Vous l’avez compris, avec les origines de ma mère, impossible de prendre l’anglais comme 1re langue vivante. J’ai donc commencé l’allemand en 6e (11 ans) et l’anglais en 4e (13 ans).

Sachez tout de même qu’avant mon premier cours d’anglais, je connaissais déjà environ 150 mots. Si vous l’ignorez, une bonne base pour communiquer dans une langue étrangère se constitue de 500 mots. En résumé, sans avoir jamais eu un seul cours d’anglais, je possédais déjà environ 1/3 de la base.

Pourquoi ? Comment ? En allant sur Internet, en piquant l’iPad de ma sœur pour jouer à des jeux, etc. Ah les jeux en anglais ! Le village des Schtroumpfs, il m’a bien aidé celui-là ! Il faut dire qu’à l’époque, la plupart des applications iPad n’étaient pas traduites en français (ici, on parle de 2011 environ, et le premier iPad date de 2010).

Au final, j’étais un peu contrainte d’utiliser l’anglais. Mais cela ne me déplaisait pas : j’ai même modifié les réglages pour les laisser en anglais lorsque les applications sont passées en français ! De cette manière, je pouvais améliorer mon anglais en jouant et aussi par défi, pour m’amuser.

Autant vous dire que je m’ennuyais pendant les premières années de cours d’anglais… et les cours de langues étrangères en général ! Les cours sont totalement décalés avec la réalité du terrain.

Pour moi, les cours de langues devraient nous apprendre comment se débrouiller lorsque l’on voyage, pouvoir dialoguer avec des étrangers ou encore acquérir des compétences professionnelles pour négocier un contrat par exemple.

Mais, dans l’esprit de l’Education Nationale, le but est d’analyser et de commenter des textes d’auteurs ou non, de comprendre le journal TV, d’écrire des lettres manuscrites (avec la mise en forme adéquate)…

Le vocabulaire appris est utile. Oui, mais seulement dans le cadre scolaire. Si on voyage, ce n’est pas du tout ce vocabulaire qui est employé.

Évolution de la technique d’apprentissage

Au collège, on va nous apprendre que le contraire de good est bad. Alors qu’en Angleterre, je peux très bien dire not good, ils me comprendront. Lors de mes 3 mois en Allemagne, combien de fois j’ai utilisé Gegenteil von… (= contraire de) car je ne connaissais pas un mot !

Au lycée, rebelote, on essaye « d’enrichir notre vocabulaire, d’aller plus loin que good et bad » (propos réellement tenus par un prof). C’est là qu’on nous apprend des mots… inutiles ? Je ne sais pas moi… l’hystérie de masse ? En anglais, c’est sympa de savoir le dire, non ? Si vous vous le demandez, cadeau : on dit mass hysteria.

Un trophée de chasse

Un trophée de chasse

La palme d’or est tout de même décernée à un mot d’une liste de vocabulaire allemand. Voyez-vous ce qu’est un trophée de chasse ? C’est une suspension murale à laquelle une tête d’animal empaillée est accrochée. Maintenant, prenons le fait que ce n’est pas n’importe quelle tête d’animal sur ce trophée, mais une tête de sanglier. Savez-vous le dire en allemand ? Non. Est-ce utile ? Non… Sauriez-vous le désigner en français en un seul mot ? Pas sûr (excepté si vous êtes spécialiste du domaine, peut-être).

Les expressions et idiomes : la base de la maîtrise d’une langue étrangère

Petite précision, les deux expressions qui vont suivre sont issues d’une véritable liste de vocabulaire (tout comme l’hystérie de masse d’ailleurs).

L’homme est un loup pour l’homme ? Bien sûr : man is a wolf to man. C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis ? Mais, why not je dis ! A friend in need is a friend indeed. C’est sûr que ces deux expressions vont me servir tous les jours ! C’est vraiment super important de connaître un maximum d’idiomes en langue étrangère. Ça aide réellement à se faire comprendre lorsqu’on est perdu dans les rues de Londres.

Un petit exemple concret

C’est évident, à Paris, vous allez demander aux passants :

Excusez-moi, je parle français comme une vache espagnole ! J’étais en boite hier soir. Je m’ennuyais comme un rat mort jusqu’à ce que je croise une amie française. Elle était pressée comme un citron, mais nous avons quand même un peu discuté et de fil en aiguille, elle m’a donnée rendez-vous dans un café ce matin pour qu’on parle un peu de la pluie et du beau temps. Mais au final, elle m’a posé un lapin.

J’avais un peu la gueule de bois. Je l’ai attendue dehors pendant une éternité, quelle ânerie ! J’avais d’autres chats à fouetter. En plus, il faisait un froid de canard, j’avais la chair de poule. Il s’est mis à pleuvoir comme vaches qui pissent et là-dessus, un vent à décorner les bœufs soufflait ! Vraiment, la goutte d’eau qui fait déborder le vase… Moi qui pensais avoir le cul bordé de nouilles… J’ai pris mes jambes à mon cou afin de trouver un endroit où m’abriter. Mais j’ai dû perdre le Nord. Je pensais retrouver la Gare du Nord en un clin d’œil, les doigts dans le nez. Je jette l’éponge… Je serai vraiment aux anges si vous pouviez m’indiquer la direction de la gare. Ce n’est pas vraiment simple comme « bonjour » de la retrouver…

Vous l’aurez compris, les idiomes sont vraiment super importants pour se faire comprendre à l’étranger !

Apprendre les langues en autodidacte

Vous l’avez compris, en France, les cours de langue à l’école ne sont pas forcément adaptés. Du coup, vers mes 13 ans, donc peu après avoir commencé à apprendre l’anglais, j’ai décidé d’apprendre les langues par moi-même. Au départ, pour renforcer les connaissances acquises en cours avec des éléments utiles selon moi.

Vous imaginez, à cet âge là, on n’a pas vraiment envie de payer pour apprendre quelque chose. Il me fallait une solution gratuite et cool (sous entendu pas trop scolaire). Quoi de mieux qu’Internet ? Après quelques recherches, j’ai trouvé les sites habituels : Babbel, Busuu, Anglais Facile, etc.

Certains étaient biens, d’autres moins, trop scolaires, parfois il fallait payer pour pouvoir continuer… Bref. Au final, ils ne me convenaient pas réellement.

Apprentissage de l’anglais avec Duolingo

Et un jour, j’ai découvert Duolingo. Avec Duolingo, on apprend sous forme de jeu : on gagne des XP pour passer au niveau suivant et on gagne des lingots qui permettent « d’acheter » des bonus. Les cours sont des unités, subdivisées en leçons (petits grains de formation très courts – environ 5 minutes).

Les exercices sont diversifiés : traduction, compréhension écrite et orale, expression orale, etc. À la place d’apprendre des mots sortis d’un contexte, Duolingo permet d’apprendre des phrases complètes.

L’algorithme qui le compose oblige à réviser régulièrement ce que nous avons déjà appris. Chaque unité possède des barres de force qui faiblissent au fil du temps. L’objectif est d’apprendre toutes les unités et de conserver toutes ses barres de force.

Résultat : un peu plus de 2 000 mots en anglais appris grâce à l’application (vous vous souvenez des 500 mots nécessaires à la maitrise d’une langue ? Eh bien, c’est le quadruple ici !).

Apprendre l’Allemand grâce à Duolingo

Moi et ma correspondante allemande, Georgie : j'ai passé 3 mois chez elle, et elle est ensuite venue 3 mois en France

Moi et ma correspondante allemande, Georgie : j’ai passé 3 mois chez elle, et elle est ensuite venue 3 mois en France

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis dans une classe AbiBac depuis la Seconde. Nous avons 11 h d’allemand par semaine (dont des heures d’histoire et de géographie) et nous avons donc, normalement, un assez bon niveau en langue et culture allemande.

Sauf que, pour ne rien vous cacher, je suis vraiment nulle en grammaire (et peut-être aussi en conjugaison)… J’ai toujours eu beaucoup de mal avec la grammaire allemande : je comprends la théorie et dans des exercices « scolaires », j’arrive à l’appliquer. Mais dès qu’il s’agit d’expression écrite ou orale, je bloque. Ce que nous apprenons est sorti de tout contexte… Je trouve que c’est difficile de l’appliquer spontanément !

J’ai décidé que j’allais améliorer mon allemand par moi-même avec Duolingo (qui, au départ, pour les francophones, proposait seulement l’anglais, mais désormais aussi l’allemand, l’espagnol, l’italien et le portugais). Pour ceux qui parlent déjà la langue (c’était mon cas), Duolingo effectue une évaluation préliminaire pour déterminer quelles unités sont déjà connues (en somme, on emprunte un raccourci).

Et mon allemand progresse, doucement, tranquillement, à mon rythme, mais il progresse. Et beaucoup mieux qu’avec mes cours d’allemand (qui sont certes parfois intéressants, mais pas très bien conçus pour la grammaire).

D’autres langues ?

Me prenant au jeu de Duolingo, je me suis mis en tête d’apprendre l’italien et l’espagnol. Bon, j’ai eu la mauvaise idée de vouloir apprendre les deux en même temps… Les langues commençaient à se mélanger dans ma tête. J’ai arrêté l’italien pour me consacrer entièrement à l’espagnol. Et désormais, je réussis à entretenir une conversation basique en espagnol !

Rencontrer des natifs d’un pays

C’est toujours bien beau de savoir parler une langue de manière théorique. Encore faut-il arriver à discuter avec des locaux. Et Internet a bien simplifié cette tâche.

Connaissez-vous Tandem ? C’est une application qui met en relation des personnes apprenant la même langue.

L’application est un peu comme WhatsApp ou Facebook Messenger. Un chat pour discuter à l’écrit, mais aussi la possibilité de partager des photos ou de l’audio. Une autre fonctionnalité permet d’effectuer des appels vidéos (comme FaceTime ou Skype). Pour moi, elle constitue le prolongement de Duolingo : après la théorie, la pratique.

Je me rends sur Tandem par période. Mais il y a des personnes avec qui je discute régulièrement et que j’ai connues grâce à Tandem. Le fait est qu’on ne reste pas vraiment dans Tandem pour discuter : on échange nos profils Facebook, nos comptes Instagram, nos comptes Snapchat (génération Z oblige 😉), etc.

Et cela peut même aboutir à des rencontre en vrai (IRL – In Real Life).

Et vous, avez-vous des anecdotes à propos de cours de langue scolaires (vocabulaire farfelu ou autre) ? Avez-vous déjà essayé d’apprendre une langue en ligne ?

Pour savoir comment j’apprends en ligne de manière plus générale, je vous renvoie vers un vieil article de 2015 : 15 ans, comment j’apprends sur Internet.

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