Échasses urbaines, risers… ça ne vous dit rien ?

Un enfant de dos avec le polo de riser road, lors d'un entraînement aux d'échasses urbaines

Les risers m’ont ouvert les portes d’un de leurs entraînements. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur ces hommes kangourous et leurs échasses urbaines.

Échasses urbaines, risers… mais de quoi suis-je donc en train de vous parler ? 😄

Les échasses, en général, on voit à quoi ça ressemble. On pense aux échassiers landais, aux spectacles de rue, aux défilés folkloriques, au cirque

Des échassiers à la fête de Wallonie

Des échassiers à la fête de Wallonie à Namur (Belgique)

Les échasses urbaines sont plus petites (on se situe à 40 cm du sol). Par ailleurs, elles possèdent une lame en fibre de verre, flexible, qui sert de ressort. Celle-ci vient en remplacement des longues tiges en bois des échasses habituelles.

Pour désigner les échasses urbaines, on parle aussi de powerbocking, booking, poweriser ou flyjumper.

Petite précision avant la suite : ceux qui pratiquent les échasses urbaines sont appelés risers (prononcer à l’anglaise : « raïseur »).

L’origine des échasses urbaines

Les échasses urbaines sont récentes : elles sont même un peu plus jeunes que moi. 😄 Elles ont été inventées et brevetées en 2003 par un Allemand : Alexander Böck.

Elles seraient inspirées du handisport et notamment des prothèses des athlètes tels que le sud-africain O. Pistorius.

O. Pistorius aux JO de Londres en 2012

O. Pistorius aux JO de Londres en 2012

Pour la petite histoire, on raconte que l’inventeur des échasses urbaines avait 2 fils. L’un devait porter des prothèses. L’autre, afin de marcher comme son frère, attachait des bâtons à ses jambes. En observant ses enfants, A. Böck aurait eu l’idée de créer les échasses urbaines.

Les échasses urbaines, un sport !

Les risers sont des sportifs. En effet, les échasses urbaines, c’est du sport !

Plusieurs disciplines existent :

  • le saut en hauteur : comme en athlétisme, sauf que pour sauter, on se présente face à la barre et non de profil
  • le saut en longueur : en réalité du triple saut, où on enchaîne 3 bonds
  • le freestyle : le but est de faire des figures (saltos par exemple)
  • les courses : sprint, demi-fond

On peut aussi trouver certaines références à du fitness pratiqué sur des échasses urbaines. Il se dit que marcher avec ces échasses fait travailler 98% des muscles du corps.

Et oui, les échasses, ça fatigue ! 30 minutes de marche avec des échasses urbaines équivalent à 1 à 2 heures de footing (cela varie selon les sources…).

Par ailleurs, les échasses urbaines sont de véritables bottes de 7 lieux : elles décuplent les capacités humaines. Il devient possible de sauter 2,90 m en hauteur (record de France par Thomas Hognon en 2016) ou de courir jusqu’à 40 km/h. 😯

En France, différents clubs existent : Lille, Lyon, Bordeaux, Metz, Strasbourg… Au niveau international, on retrouve notamment l’Angleterre, les États-Unis, le Canada, le Chili, la République Tchèque, la Slovaquie et certains pays d’Asie.

Des compétitions mondiales d’échasses urbaines ont même lieu. La Riser Winter Cup est l’une des principales (si ce n’est la principale). Elle se tient tous les 2 ans à Lille (France). La prochaine sera en 2019.

Une discipline peu développée

À la Riser Winter Cup de 2016, il y avait 150 compétiteurs. C’est peu… mais au vu du manque de renommée des échasses urbaines, c’est déjà pas mal !

Google Trend permet de se renseigner sur l’évolution du nombre de recherches autour des échasses urbaines. En utilisant le seul terme « échasse urbaine », le résultat était un peu pauvre. Je l’ai donc enrichie des termes jumping stilts, spring stiltspoweriser et powerriser. Ils désignent tous les échasses urbaines.

On note 3 gros pics : en 2006, 2008 et 2010. Et depuis, le déclin… Ce dernier phénomène est en partie dû au manque d’échasses à proprement parler.

Il existait 3 constructeurs d’échasses urbaines, mais tous ont arrêté d’en produire (les échasses urbaines sont sous brevet et il faut payer une redevance).

Certaines personnes venaient essayer les échasses, mais ne pouvaient continuer à pratiquer… faute de matériel ! Impossible d’acheter des échasses urbaines… 😕

Heureusement, un constructeur a relancé la fabrication. 😊 Mais la grosse démocratisation des échasses urbaines arrivera peut-être dans quelques années, lorsque ce problème de brevet disparaîtra !

Quelles sensations sur des échasses ?

J’ai testé les échasses urbaines à 2 reprises.

La première fois, lors de la Riser Winter Cup 2017, je n’avais pas vraiment réussi à marcher seule. Il y avait du monde, ça allait un peu vite…

Mais les sensations étaient différentes lors de la séance d’entraînement à laquelle j’ai assisté.

Avant toute chose, on s’équipe de protections : casque, coudières et genouillères, comme pour les sports de glisse et les sports extrêmes.

L'une des étapes les plus complexes : se relever après être tombé

L’une des étapes les plus complexes : se relever après être tombé

Premièrement, c’est le poids des échasses que l’on sent : 4 kg accrochés à chaque jambe ne passent pas inaperçus. Mais on s’y habitue et on met peu de temps avant de marcher seul (quelques minutes). Tout est question d’équilibre !

Au niveau de la marche, on a l’impression d’être monté sur ressort. Petit à petit, on prend même goût à cette sensation de rebond.

Une fois la marche maîtrisée, on peu passer à l’étape suivante : apprendre à sauter. C’est plus complexe. L’important est d’accompagner le mouvement de l’échasse (qui plie légèrement). On évite ainsi certaines blessures, notamment aux genoux.

Une vidéo pour terminer

Pour clore cet article, je vous propose une courte vidéo qui reprend les principaux éléments sur les échasses urbaines. En bonus, les différentes parties de l’échasse urbaine y sont détaillées : patin, attache de pied, attache de genou, armature métal et lame en fibre de verre.

Alors, connaissiez-vous ces échasses urbaines ? Avez-vous envie d’essayer ?

Encore merci aux risers de Riser Road pour leur accueil et à Christophe et Antoine d’avoir joué les chauffeurs pour moi. 😉

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