Inspirante Étretat

Caché derrière les brins d'herbes : ÉtretatCaché derrière les brins d'herbes : Étretat — Crédit photo : Clara Delcroix

À l’occasion du pont de l’Ascension, je me suis rendue en Normandie, dans la région d’Étretat. Inutile là-bas de chercher des plages de sable fin : elles sont faites de galets gris. Cependant, ce fut une opportunité pour moi de découvrir la Côte d’Albâtre du pays de Caux, avec ses nombreuses falaises de craie blanche. Rendue célèbre par Maurice Leblanc et son personnage Arsène Lupin, celle d’Étretat est sans doute la plus connue. 

La Manneporte dans la falaise de calcaire d'Étretat

La Manneporte dans la falaise de calcaire d’Étretat— Crédit photo : Clara Delcroix

Un peu de géologie !

Les falaises d’Étretat sont constituées de calcaire datant du Crétacé (entre 66 et 145 millions d’années). On y distingue nettement des strates de silex (des couches de roches, les « lignes » dans la pierre) : elles expliquent la présence des galets sur la plage.

Strates de silex dans les falaises de la Côte d'Albâtre

Strates de silex dans les falaises de la Côte d’Albâtre — Crédit photo : Clara Delcroix

Reprenons : on distingue deux éléments dans nos falaises : la craie et le silex. Lorsque des pans de falaises s’effondrent, la craie se dissout au contact de l’eau de mer et le silex est poli par les vagues, produisant ainsi des galets !

Étretat est remarquable par ses 3 arches (du nord au sud) :  la Manneporte,  la porte d’Aval et la porte d’Amont.

La plus célèbre et la plus visible est la porte d’Aval à côté de la fameuse aiguille d’Étretat (L’aiguille creuse selon Arsène Lupin) que l’on ne peut approcher à pied sec que quelques jours par an.

2 thèses expliquent l’origine de ces « portes » dans la roche :

  • une rivière parallèle à la plage aurait creusé son lit dans la falaise, puis la mer aurait continué de creuser les « portes » ;
  • certaines roches étant plus tendres que d’autres, elles se sont érodées plus rapidement que celles en calcaire plus dur comme l’aiguille.
L'aiguille "ceuse" d'Étretat

L’aiguille « creuse » d’Étretat — Crédit Photo : Clara Delcroix

La Côte d’Albâtre

La côte depuis Le Havre et Dieppe, en bordure de la Manche, est appelée la côte d’Albâtre ou le littoral cauchois (en référence au pays de Caux)

Les falaises les plus hautes de cette côte se situent à Fécamp, à l’est d’Étretat. Elles atteignent 105 m de haut au cap Fagnet.

On retrouve ce type de falaises blanches tout le long de la côte comme à Saint-Valery-en-Caux, Yport ou encore Les petites Dalles…

Étretat, source d’inspiration

La référence à Étretat la plus notable est dans les aventures d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc. L’action du livre L’aiguille creuse (1908) se déroule en partie dans les falaises d’Étretat :

 » – Ce qui est plus triste encore, c’est cela, tout cela qu’il me faut abandonner. Est-ce beau ? la mer immense… le ciel… À droite et à gauche les falaises d’Étretat, avec leurs trois portes, la porte d’Amont, la porte d’Aval, la Manneporte… autant d’arcs de triomphe pour le maître… Et le maître c’était moi ! Roi de l’aventure ! Roi de l’Aiguille creuse ! Royaume étrange et surnaturel ! De César à Lupin… Quelle destinée !  »

— Maurice Leblanc, L’Aiguille creuse

De nombreux artistes se sont illustrés sur l’ensemble de la Côte d’Albâtre. Arsène Lupin n’est pas le seul à avoir contribué à la renommée de ces lieux. Parmi les plus importants, on compte Claude Monet (avec, par exemple, le tableau Les Falaises à Étretat, 1885), Gustave Courbet (La Falaise d’Étretat après l’orage, 1870, parmi ses autres réalisations régionales), Eugène Boudin…

Notons que Guy de Maupassant y possédait une résidence : La Guillette, tout comme Maurice Leblanc avec son Clos Lupin !

On remarque également que le tableau qui déclencha le mouvement impressionniste : Impression, soleil levant de Claude Monet représente le port du Havre, le point le plus au sud de la Côte d’Albâtre.

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