Abrégé du parler jeune

Une converastion entre jeunes de la génération Z via l'application de messages éphémères SnapchatUne converastion entre jeunes de la génération Z via l'application de messages éphémères Snapchat — Crédit photo : Clara Delcroix

Les jeunes ont souvent un parler qui leur est propre. La génération Z n’échappe pas à cette règle.

Des listes énumérant notre « vocabulaire » existent déjà. Inutile d’en recréer une nouvelle 😉

Aussi, dans cet article, je parle de la manière d’écrire des jeunes de ma génération : importance du smiley, ponctuation, casse des lettres (majuscules/minuscules), etc.

De l’importance du smiley

Exemple d'emploi de smileys pour illustrer un propos

Exemple d’emploi de smileys pour illustrer un propos – Crédit photo : Clara Delcroix

L’une des caractéristiques de la génération Z  est sa communication par l’image  notamment au travers des médias sociaux tels que Snapchat, Instagram ou encore WeHeartIt.

Revenons à la manière « d’écrire » : pour nous, l’écriture a sa part d’image. Il y a quelques années, on évoquait dans les milieux concernés le Picture Marketing, mais désormais, on parle de visual content (contenu visuel). D’ailleurs, dans toutes nos communications « écrites »,  Nous ne cessons d’employer des smileys (Nous avons tendance à qualifier les emojis ou émoticônes également de smileys…).

Mais, c’est dans l’air du temps, car depuis 2014, le mot le plus utilisé n’était pas un mot à proprement parler, mais un smiley ! Voir par exemple l’article de FrAndroid.

Ce n’est pas tout ! Xu Bing a écrit un livre totalement en émoticônes (inutile à traduire…). Vous pouvez vous référer à l’article de Libération, écrit en 2014, dont une phrase est très révélatrice : «Ce sont les ados de 15-16 ans qui ont la lecture la plus rapide.».

Un autre livre, quant-à-lui, se propose d’expliquer ces émoticônes et le Pic Speech en général (communication visuelle : photographies, courtes vidéos, dessins, etc.) : Parlez-vous Pic speech ? – La nouvelle langue des générations Y et Z.

Ou encore un dernier exemple : Bill Nye, un scientifique, a expliqué l’évolution au moyen d’émoji !

Les emojis sont de petites images qui nous permettent de tout symboliser ou presque : émotion ou accentuation d’une émotion, manière d’être, état d’esprit, illustrer nos propos, etc.

Avec le temps, les smileys ont évolué ! Ainsi, dans le passé, on utilisait :, ), – , % , *… pour représenter les visages. Mais, si vous envoyez un  smiley de ce type à un gen Z, il va penser : «c’est un vieux» ou «il a un vieux téléphone (pas un smartphone)».

Pour moi, difficile d’imaginer un message sans smiley(s)… et pour tout vous dire, je dois même me contrôler lorsque j’écris des articles pour éviter de coller à tout va des émoticons 😜

Ah oui, autre point important auquel il faut faire attention ! L’utilisation des smileys diffère parfois selon les pays. Alors qu’en France le smiley bisou avec un cœur (😘) est utilisé couramment pour de l’amitié, dans d’autres pays tels que les États-Unis, celui-ci symbolise seulement et uniquement l’amour.

De l’évolution de la ponctuation

Habituellement, il existe très peu de ponctuation dans nos phases. Le point ? Inutile d’en parler… Pour nous, le point est agressif, car il signifie souvent que la discussion est close ! Aussi, ne nous écrivez jamais : «Ça va.» car pour nous cela veut dire que l’interlocuteur en a marre de discuter avec nous… ou qu’il a un problème et ne veut pas nous le dire !

De plus, nous avons souvent l’habitude de remplacer le point par un smiley qui en dit toujours vraiment davantage : un smiley cible une émotion, une intonation de la voix, etc.

Après un smiley, inutile de remettre une majuscule. La plupart de nos messages sont totalement en minuscules (sauf la première lettre de l’ensemble du texte, vu que le clavier de nos smartphones l’écrit automatiquement avec une majuscule).

Bon, d’accord, l’emploi des points de suspension, des points d’interrogation ou du point d’exclamation n’ont pas totalement disparu ! Quoi que… 😏 avec le bon smiley, le lecteur comprend que la phrase est une question et non une affirmation, par exemple.

De la signification selon la manière d’écrire

Le ok, un parler à lui seul

Les différents ok

Les différents ok

Pour la plupart des vieux un ok est un ok… mais pour les Z, c’est une autre histoire

La différence entre tous ces types de ok (voir l’image) est énorme !

Petite explication :

  • Ok. -> ok « vénère » c’est à dire que notre interlocuteur est énervé
  • OK -> ok « tu me saoules », « tu m’agaces »
  • Ok -> selon l’interlocuteur, ok « neutre » ou ok « fâché »
  • Okok -> ok « j’m’en fous » (notre interlocuteur nous dit en gros que ce que nous lui disons ne l’intéresse pas !)
  • OK. -> le point fait toute la différence à ce ok « ta gueule » (tais-toi)
  • Ok.. -> ok « t’as pas dit ce que je voulais entendre »
  • Okay -> ok « cool »
  • Et ensuite, les « ok » accompagnés de différents smileys qui ont des significations variables…

Mdr et ses dérivés

Comme pour ok, mdr (abréviation de mort de rire, quand quelque chose est amusante). Mdr possède différents degrés de gradation de l’intensité de l’hilarité :

  • Mdr -> le normal si je puis dire
  • Mdrr -> là c’est un peu plus drôle déjà
  • Mdrrrrr -> ça commence vraiment à être hilarant
  • MDRRRRR -> bientôt au paroxysme du rire
  • XPTDRRRRRRRRRRRR -> on va bientôt pouvoir prendre l’expression « mourir de rire au sérieux »

Et encore une fois, les intermédiaires avec plus ou moins de « r », écriture en majuscules ou en minuscules, emploi ou non d’émoji. Eh oui, tout cela influe notre émission et notre perception des messages  !

De l’héritage du passé

On a un peu hérité du langage SMS

Des exemples d'utilisations de smileys pour renforcer les sentiments exprimés

Des exemples d’utilisations de smileys pour renforcer les sentiments exprimés — Crédit photo : Clara Delcroix

Bien qu’il soit rapide d’écrire sur les claviers des smartphones, certaines abréviations issues du monde de la téléphonie précédente, le fameux langage SMS demeurent. Peut-être par soucis de rapidité ou tout simplement par habitude.
On peut citer (non exhaustivement) :

  • tkt -> abréviation de « t’inquiète« , « ne t’en fait pas« 
  • dsl -> « désolé« , « excuse-moi » (je vous l’accorde, désolé n’a pas cette signification au point de départ, mais cet abus de langage provient de la mauvaise traduction de l’anglais sorry dans les séries anglophones… )
  •  ptn -> abréviation d’un juron plutôt courant ayant pour sens premier de désigner une péripatéticienne…
  • jpp -> quand mon père a vu cette abréviation, il a pensé à Jean-Pierre Papin, mais pour nous, ça n’a rien à voir ! Cela signifie tout simplement « J’en peux plus » (quand quelque chose nous fait rire)

Un langage issu de plusieurs langues

Si certains mots sont inconnus à vos yeux, c’est parce qu’ils sont souvent issus de langues étrangères !

Certains proviennent de l’arabe (Miskine abrégé msk, et qui exprime un sentiment de pitié en se moquant) ou de l’anglais (YOLO, You Only Live Once (on n’a qu’une vie), utilisé pour justifier des actions stupides)

Pour d’autres, c’est encore plus compliqué. Prenons pour exemple Thug Life. Thug signifie voyou en anglais. Mais ce terme anglais est lui-même issu du hindi, du marathe et du sanskrit. L’expression Thug Life est utilisée pour une action pas du tout risquée (Thug est utilisé ici de manière ironique).

Pour approfondir le sujet du vocabulaire, nombre de sites internet recensent les mots que nous utilisons couramment. Personnellement, je vous conseille celui-ci : la liste est récente (février de cette année), donc plutôt complète. En plus, elle n’est pas trop longue et ce sont vraiment des mots que nous employons. Combien de fois je vois des listes avec des mots que nous n’utilisons jamais, voire dont nous ne connaissons même pas la signification… Vous pouvez la compléter avec l’article de 2015 du même site (la plupart des mots de 2015 sont toujours utilisés en 2016).

Malgré toutes ces différences, certaines choses restent inchangées. Nous avons adopté la netiquette de la « génération des vieux ». QUAND QUELQU’UN ÉCRIT COMME ÇA C’EST QU’ON NOUS CRIE DESSUS !

Globalement, je pense que notre évolution dans la communication est juste un soucis de précision dans l’expression des émotions.

Alors que jusqu’ici, les moyens de moduler une phrase étaient purement et simplement littéraires, avec les Z, tout est bouleversé, notamment par l’introduction des images ! 

5 Commentaires

  1. Merci pour ce super article! J’ai 30 ans (1986) donc trop vieille pour la génération Y (à 10 ans près) et trop jeune pour la génération X (à 10 ans près aussi mdr). Mais c’est vrai que je me sens assez proche de cette génération Z puisque les emoji, smiley, ponctuation et tout ces trucs ne me paraissent pas totalement étrangers (ouf). En revanche s’il y a bien une chose sur laquelle je ne transige pas, c’est l’orthographe (sur internet et même par sms… enfin WhatsApp 😀 )

    1. Bonjour,
      Veuillez m’excuser pour cette réponse tardive, mais je suis en train de faire de la randonnée en Angleterre et il n’est pas toujours simple de trouver une connexion internet… :/ Je tiens à vous rassurer, si vous êtes née en 1986, vous faites bel et bien partie de la génération Y (pour de plus amples renseignements, je vous conseille de vous référer à cet article : http://cladelcroix.mondoblog.org/au-fil-des-generations-generationz/ 😉 ). Mais l’écriture n’est pas la seule spécificité de la génération Z, sûrement que de nouveaux articles à venir parleront de ces autres différences ! 😀
      Bonne journée 🙂

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *