Le Tour du Bassin Minier dans le Nord-Pas-de-Calais

Le topoguide et un balisage du Tour du Bassin Minier © Clara Delcroix

À la fin du mois de juillet, avec mon père, j’ai marché 115,8 km autour du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. L’occasion de (re)découvrir le passé minier de la région, ainsi que ses espaces naturels.

Boucle n°2 : le Bassin minier sous toutes ses facettes

Je parle du tour du bassin minier, mais en réalité, il y a plusieurs tours du bassin minier. 7 boucles au total, de Bruay-la-Buissière à Condé-sur-l’Escaut en passant par Lens et Douai.

L’itinéraire que j’ai parcouru avec mon père est le plus long : 115,8 km. Il s’intitule « boucle n°2 : le Bassin minier sous toutes ses facettes« .

Les étapes de la boucle n°2

Nous avons divisé la boucle en 6 étapes, soit une petite vingtaine de kilomètres par jour.

  • 19 juillet : Fouquereuil – Beuvry (9,5 km)
  • 20 juillet : Beuvry – Meurchin (23 km)
  • 21 juillet : Meurchin – Libercourt (15,8 km)
  • 22 juillet : Libercourt – Lens (18 km)
  • 23 juillet : notre jour de repos, le même que celui des cyclistes du Tour de France 2018 😉
  • 24 juillet : Lens – Verdrel (22,5 km)
  • 25 juillet : Verdrel – Fouquereuil (27 km)

Trouver son chemin sur le tour du bassin minier

Comme tout sentier de la FFRandonnée, la boucle n°2 des tours du bassin minier est balisée. Mais nous avons beau prêter une attention extrême au balisage rouge et jaune, il finit toujours par s’évanouir…

Par endroits c’est très bien indiqué (à proximité des villes), mais il arrive de marcher plusieurs kilomètres sans croiser un seul balisage. Soit il n’y en a pas, soit on ne les voit pas (mais les balisages sont quand même destinés à être visibles !)…

Le château d'eau de Douvrin © Clara Delcroix

Trouver des points de repère (comme ce château d’eau) et lire la carte peut aussi aider ! © Clara Delcroix

Il est donc quasi-obligé d’investir dans le topo-guide de cette randonnée (Tours du Bassin minier Nord – Pas-de-Calais). Mais autant dire que même avec le topo-guide, on arrive à se perdre…

La meilleure option : avoir le sens de l’orientation. Ou un smartphone sur lequel on peut se géolocaliser ! Ça nous a sauvé bien des fois. Une bonne astuce : utiliser l’appli du Géoportail (App StoreGoogle Play) et non Google Maps ou Plans. Les cartes du Géoportail sont les cartes IGN : les mêmes que celles du topoguide, donc même les petits sentiers qui n’apparaissent pas sur Google Maps ou Plans y sont visibles.

Attention aussi à ne pas confondre les différentes signalisations : certains passage de la boucle n°2 chevauchent d’autres sentiers, notamment le GR127 et la Via Francigena (GR145). Ainsi parfois on se laisse tenter par un alléchant balisage, qui finalement nous écarte du chemin !

Qu’est-ce qu’on voit sur ce sentier ?

Comme l’annonce le guide, on voit le bassin minier sous toutes ses facettes. Sous la pluie et sous le beau temps. Bon, pas forcément, mais nous avons eu le droit aux 2.

Un point très agréable, l’itinéraire est peu fréquenté. Excepté quelques cyclistes, quelques randonneurs et, près des étangs, quelques pêcheurs, personne ! C’est vraiment peu comparé au mur d’Hadrien, qui était par endroits une véritable autoroute à randonneurs.

Les terrils à l'horizon © Clara Delcroix

Les terrils ne sont jamais bien loins © Clara Delcroix

Des paysages diversifiés

Le sentier ondule entre différents paysages : villes et villages, champs (un peu à découvert lorsque le soleil tape : ce n’est pas forcément toujours agréable), forêts…

Comme nous sommes dans le bassin minier, nos journées de marche sont rythmés par les corons, les terrils, les anciens sites de fosses, etc. Pour plus d’explications sur ces éléments, se référer à cet article sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Sentiers en graviers, en terre battue, envahis par la végétation ou routes goudronnée… Chacun a son petit nom bien défini, du cavalier au chemin de halage.

Qui dit chemins de halage dit canal ou rivière. Des péniches passent. L’une d’elle est aménagée en plage. Sur ces mêmes chemins de halage, des ponts, beaucoup de ponts, dont certains sont laissés à l’abandon.

Dans une forêt, des panonceaux indiquent les espèces des arbres. On peut s’amuser à les différencier (si on ne connaît déjà les petites rengaines type « Le charme d’Adam, c’est d’être à poil »).

Le paysage est ponctué par nos collines locales : les terrils. Dans ce tour du bassin minier, on les contourne, et au loin, on en aperçoit souvent au moins un. À proximité des terrils, l’environnement est différent : le sol devient noir et dégage de la chaleur, la végétation est particulière.

La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix

Bien entendu, nous passons régulièrement le long de villes ou de villages, mais pas forcément dedans. Les grandes villes telles que Béthune ou Lens sont des passages obligés. Si bien que l’on se demande comment certaines portions d’itinéraire ont été conçues…

Au niveau sonore, c’est parfois très calme et à l’écart des routes, et a contrario, on se retrouve par moment juste à côté de l’autoroute.

Quelques points de passage importants

Une étape importante du Tour du Bassin Minier : Notre-Dame-de-Lorette (et son cimetière militaire comprenant environ 45 000 soldats). On peut en outre noter le territoire canadien de Vimy, que l’on aperçoit au loin.

Notre-Dame-de-Lorette et son cimetière militaire © Clara Delcroix

Notre-Dame-de-Lorette et son cimetière militaire © Clara Delcroix

Lorsque nous arrivons sur la Grand-Place de Béthune, nous nous installons sur la terrasse d’un café pour nous délecter d’une boisson fraîche. Dans notre dos, le carillonneur du beffroi sonne le Petit Quinquin.

Un passage sur la route du patois est aussi notable.

Rencontre avec les habitants

Dans la ville de Beuvry, nous avons vu les Charitables au sortir de l’église. Ils se chargent bénévolement des inhumations depuis plusieurs siècles !

En quête d’eau…

Il ne faut pas se fier au fait qu’on soit dans le Nord ! Certains jours sont très chauds et le soleil tape (bon oui, d’autres jours, la pluie était au programme). Les gourdes sont à sec. Parfois, à l’occasion d’une pause café (ou limonade), on demande au gérant de les remplir. Mais il arrive de se retrouver au milieu de nul part… Seule solution : demander de l’eau aux habitants.

Pause café à Beuvry © Clara Delcroix

Pause café à Beuvry © Clara Delcroix

22 juillet, 1re fois au nous sommes contraints à quémander de l’eau.

Jacqueline est sur le pas de sa porte, nous l’interpelons. «Oui, pas de problème ! Rentrez pour remplir la gourde. Vous n’avez pas besoin d’un entonnoir ?

– Non non, c’est bon, ça fonctionne.

– Ah oui, en effet !»

Et Jacqueline commence à discuter. Dans le quartier tout le monde l’appelle Mère Teresa. Elle nous raconte que son mari est décédé à cause de l’amiante. Il était dans le bâtiment. D’ailleurs, il était italien d’origine. Son beau père a même été assassiné par la mafia… On doit continuer notre route, on part donc, armés d’eau fraîche.

La 2e fois, la dame nous a donné une bouteille d’eau, car  «l’eau du robinet n’est pas très bonne par ici».

Au bord de l'eau © Clara Delcroix

Au bord de l’eau © Clara Delcroix

Retour dans le monde civilisé

À la fin d’une des journées, nous sommes chargés par ma mère de rapporter quelques commissions. Nous nous rendons dans un Carrefour. Tout titubant et puant que nous sommes, nos vêtements sales, les gens nous regardent un peu de travers. Mais ils sont encore plus abasourdis lorsque nous ressortons avec notre bouteille de boisson bio à l’avoine et au riz. Les regards signifient «Qui sont ces vagabons bobos ?»

Connaissiez-vous les tours du bassin minier ? En avez-vous déjà parcouru un ?

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