Chronodrive, quand récession rime avec campagne de recrutement

Article : Chronodrive, quand récession rime avec campagne de recrutement
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16 février 2021

Chronodrive, quand récession rime avec campagne de recrutement

Malgré la récession engendrée par la pandémie de Covid-19, certaines entreprises continuent d’embaucher. C’est le cas des drives marchands, comme celui d’Auchan : Chronodrive.

« Au contraire d’autres entreprises, on a connu une affluence énorme ces derniers mois : on peut se permettre d’embaucher. L’activité est plus dense, donc on a besoin de plus de personnes », reconnaît Ophélie De Geitere, responsable de magasin dans la livraison et l’accueil au Chronodrive de Wasquehal – La Pilaterie. Le ballet constant des voitures nous le confirme.

Sur une équipe de 25 personnes, O. De Geitere explique avoir embauché au bas mot une vingtaine de personnes l’an passé. « Chez nous, il y a beaucoup de turnover. Comme nous embauchons des étudiants, beaucoup de personnes partent, viennent, partent… »

Les annonces de recrutement sont postées sur une plateforme en ligne, pratique pour s’adapter en temps réel aux besoins du magasin. Les entretiens d’embauche se déroulent toujours en personne, malgré la pandémie. Pour autant, les règles du gouvernement sont appliquées à la lettre : fermeture du magasin à 18 h, port du masque, respect de la distanciation sociale, désinfection régulière…

À Chronodrive, les principaux postes à pourvoir sont en CDD, même si des contrats à temps partiel et temps plein sont aussi proposés. Le profil type n’existe pas : certains collaborateurs avaient de l’expérience avant d’arriver sur le drive, d’autres non, certains parlent facilement, d’autres sont plus timides, plus réservés, d’autres encore ultra-énergiques… « La diversification de nos collaborations permet à nos équipes de très bien se porter », assure O. De Geitere.

Une situation économique défavorable ?

Pourtant, l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) a dévoilé que la France a connu la pire récession de son histoire en 2020, avec une chute de 8,3 % du PIB (produit intérieur brut).

Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’université de Lille, souligne que l’embauche en période de récession n’est pas exceptionnelle : « Dans une récession traditionnelle, on constate qu’en moyenne, 60 % des entreprises continuent d’embaucher comme si de rien n’était. » Pour lui, trois situations permettent d’expliquer ces créations d’emplois : embauches « normales », embauches liées aux circonstances (déplacement de l’activité et de la demande par exemple) et accélération des tendances.

Il ajoute que certains des emplois risquent de disparaître à la fin de la crise sanitaire : « Actuellement, de nombreuses créations nettes d’emplois sont temporaires, parce que tout le monde voit la situation comme temporaire. Mais on peut aussi imaginer une pérennisation de certains postes par la suite : les consommateurs auront subi une sorte d’électrochoc et continueront d’utiliser ces services. »

A. Delaigue objecte tout de même des recrutements bien moins nombreux que les pertes d’activités ces derniers temps. D’une manière globale, l’emploi diminue assez largement.

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