Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais : terrils et corons

Terrils jumeaux dans le bassin minier © Clara Delcroix

Le Nord-Pas-de-Calais est de notoriété publique une ancienne région minière. On y a exploité le charbon du XVIIIe siècle au début des années 90 !

Vous m’excuserez dans cet article d’utiliser le terme « région Nord-Pas-de-Calais » et non « région Hauts-de-France », mais l’ex-Picardie n’est pas vraiment concernée par les mines de charbon…

Peut-être que certains d’entre vous connaissent ou ont déjà lu Germinal d’Émile Zola. Lors de l’écriture de ce roman, Zola s’était beaucoup renseigné sur le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (où l’action se déroule).

Affiche annonçant la publication de Germinal dans Gil Blas (domaine public)

Affiche annonçant la publication de Germinal dans Gil Blas (ancien quotidien français)

Ce même bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, je le côtoie depuis mon enfance. Il s’étend sur 1 200 km2 (en France, car il continue en Belgique ensuite), alors difficile d’y échapper !

Difficile aussi d’oublier plusieurs siècles d’exploitation minière… Et les divers problèmes qu’ils ont apportés. La silicose et la tuberculose, maladies pulmonaires dont souffraient nombre de mineurs. Le coup de grisou, fuite de gaz suivi d’une explosion, dont certaines extrêmement meurtrières. La catastrophe de Courrières, le 10 mars 1906, où 805 mineurs sont morts, marque toujours les esprits.

Dans le paysage se dressent divers vestiges de cette époque, comme les terrils et les corons, mais aussi les chevalements, à proximité des anciens carreaux de mine. On peut même les apercevoir depuis l’autoroute !

Un autre souvenir : les pastilles du mineur (des bonbons à base de plantes), qu’on peut toujours acheter. Les mineurs les consommaient à défaut de cigarettes (interdit de fumer dans les mines).

Et puis il est toujours possible de visiter une ancienne mine : la fosse Delloye à Lewarde (présentée sur leur site internet comme le plus important musée de la mine en France).

La fosse… Un terme que l’on entend souvent ! En général, accompagné d’un numéro ou d’un nom. La fosse correspond au puits de mine (le trou qu’on creuse) : une même mine peut donc avoir plusieurs fosses.

Les terrils

Le principe est assez simple à comprendre. Lors de son extraction, le charbon est mélangé à d’autres matières. Des femmes, les trieuses (aussi appelées Cafus ou Mahu), étaient chargées de trier manuellement le charbon du reste. Ensuite, on déversait les résidus sur un gros tas : les terrils.

Dans le Pas-de-Calais, on trouve les terrils les plus hauts d’Europe : les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle, de 182 m et 184 m de haut. Le terme de « terrils jumeaux » désigne 2 terrils qui sont l’un à côté de l’autre. Même si ces hauteurs ne sont pas vertigineuses, elles contrastent avec la plaine !

Depuis 2012, les 340 terrils du Nord-Pas-de-Calais sont d’ailleurs inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais on ne se rend pas vraiment compte de leur nombre (je pensais qu’il n’y en avait que 10-20 😄) ! Mais certains étant recouverts de végétation, on ne les remarque pas vraiment…

La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix

La végétation sur un terril (le sol très noir à noter aussi) © Clara Delcroix

Sur les terrils, le sol est très sombre et la végétation est particulière. Plusieurs explications à ce dernier phénomène :

  • Le sol des terrils est très pauvre. Mais particularité : il contient du schiste et du sulfure. Par réaction chimique, il dégage de la chaleur (le sol est chaud lorsqu’on le touche) !
  • Les pentes des terrils sont abruptes (ce sont des tas).
  • La région est exposée aux vents (proximité de la mer).

Les terrils sont désormais des espaces naturels, aux alentours desquels on peut se promener. Je me souviens aussi avoir fait l’étoile de la Princesse sur le terril Sabatier à Raismes (un parcours de course d’orientation, carte de la FFCO ci-dessous).

D’autres terrils sont vraiment aménagés. 2 exemples :

  • les terrils du Pays à Part à Haillicourt (des terrils jumeaux) : une série de marches permet d’accéder au belvédère sur le sommet de l’un des terrils
  • le terril de Nœux-les-Mines : on peut y faire du ski (pas de neige, mais un revêtement synthétique 😉) !
L'étoile de la princesse, une course d'orientation à proximité du terril Sabatier © Clara Delcroix

L’étoile de la princesse, une course d’orientation à proximité du terril Sabatier © Clara Delcroix

Les corons

Les cités ouvrières des mines sont appelées corons. Construites par les sociétés houillères, ce sont des maisons en briques rouges mitoyennes qui se ressemblent toutes. Dans un article de 1913, le journaliste Raymond Delcourt les décrits comme des « habitations minières groupées et alignées comme des soldats à l’exercice« .

En général, les maisons des corons ont un étage, un petit jardin à l’arrière et l’accès à la salle de bain se fait par la cuisine (au rez-de-chaussée). Et oui, au point de départ, il n’y avait pas de salle d’eau ! Les mineurs se lavaient dans des baquets. Elles ont donc été ajoutées par la suite, d’où leur emplacement parfois farfelu.

Pierre Bachelet en a fait une chanson : Les corons, considérée comme l’hymne du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Au nord, c’étaient les corons 
La terre c’était le charbon 
Le ciel c’était l’horizon 
Les hommes des mineurs de fond…

Depuis le décès de Bachelet en 2005, cette chanson est chantée à chaque mi-temps au Stade Bollaert-Delelis de Lens (le stade du RC Lens). Oui, Lens est une ancienne ville minière. 😊

Vous connaissiez cette région ? Ou d’autres régions minières ? Ont-elles les mêmes spécificités ?

© Clara Delcroix

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