Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°3

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On poursuit sur ces deux dernières semaines en Erasmus à Vilnius, en Lituanie. Toujours le visa russe, mais aussi des rencontres dans la rue ou au supermarché, et des températures qui descendent !

L’article précédent est ici.

Where is Drogas ?

29.11.2018

Bon je vous arrête tout de suite, Drogas n’a rien à voir avec la drogue. C’est plutôt en rapport avec les drogueries. On y trouve notamment tout ce qui a trait aux soins corporels : savon, shampoings, après-shampoings, masques en tout genre, sels de bains, crèmes hydratantes, etc.

Pour rentrer du centre ville, je prends le trolley n°2. Je peux aussi prendre le n°4, mais en l’occurrence j’étais dans le n°2. La voix du trolley (une voix de femme) annonce « Klinikų stotelė ». C’est mon arrêt !

Je sors. Je commence à partir vers ma gauche pour rentrer chez moi. Et puis non, au final, je vais à droite, je vais aller à ce supermarché RIMI où je n’ai jamais mis les pieds.

Quand soudain, une femme me tombe dessus. Elle commence à me dire quelque chose en lituanien. Mais c’est rapide, trop rapide. Et puis trop long. Je ne comprends rien !

Je sors ma phrase magique : « Atsiprašau, aš nekalbu lietuviskai. » (= excusez-moi, je ne parle pas lituanien). Et la dame semble désappointée. Elle tourne les talons mais j’ajoute « But maybe you speak English ? ». La dame se retourne : « Yes ! Hi ! Do you know where is Drogas ?
– Yes I do. Come, come, come, it’s right here. »

La dame commence à me suivre. On fait à peine deux pas qu’elle s’exclame : « But is it far ?
– No, no, really, just come here, you’ll see it ! »

Elle s’avance de quelques pas supplémentaires et aperçoit l’enseigne que je lui pointe du doigt. « Thank you very much ! Goodbye ! »

Et oui, je connais mon quartier, je peux même aider les Lituaniens à trouver leur chemin ! 😃

Un problème dont on parle trop peu : les cheveux frisés

Ceux qui me connaissent le savent : de nature, mes cheveux ne sont pas lisses. Mais je n’ai jamais pensé que je rencontrerai des problèmes avec ça en Lituanie.

Déjà, pour se fondre dans la masse des Lituaniens, c’est un peu loupé… Mais bon, ce n’est pas très important ça.

Le bon côté, c’est que tout le monde trouve ça super beau, parce que tout le monde a les cheveux lisses ici.

Mais, le mauvais côté, c’est que dans les magasins, il n’y a rien, mais alors absolument rien pour les cheveux frisés et bouclés. Je n’ai jamais vu ça.

En France, je prends limite les trucs pour cheveux afro, au moins ça hydrate bien. Mais ici… Je ne vais pas prendre un truc cheveux abîmés : ils ne sont pas abîmés ! Ils ont juste besoin d’une hydratation basique. Mais ça n’existe pas. Pas dans les supermarchés en tout cas. Et à Drogas, peut-être un ou deux produits mais c’est bien tout.

Et le problème, c’est qu’avec le froid, les cheveux dessèchent encore plus que d’habitude. Bref, nous pouvons clore cette parenthèse #ClaraSePlaint.

Les cerises congelées

29.11.2018

Suite de l’histoire précédente. Je vais donc au RIMI d’Antakalnio. C’est un supermarché pas trop loin de chez moi, mais je n’y suis jamais allée. Peut-être qu’ils vendent des produits qu’on ne trouve pas ailleurs… Qui sait ?

Petit point sur les supermarchés en Lituanie : selon si l’on va à Maxima, RIMI, Iki ou Lidl, les produits différent. Si on cherche des choses bien françaises, mieux vaut aller à Iki. Pour des produits plus allemands, Lidl, évidemment. Maxima, d’après ma prof de marketing est le plus grand supermarché en Lituanie. Mais Rimi, propose un hypermarché pas trop trop loin de chez moi (un hypermarché, c’est encore plus grand qu’un supermarché), et on y trouve vraiment de tout !

Disons qu’à côté de chez moi, les supermarchés sont très nombreux. Ce n’est pas ça qui manque. Mais dans l’ensemble, ils restent très petits (ça me fait penser aux Aldi et Lidl français) et on retombe toujours plus ou moins sur les mêmes produits, surtout en ce qui concerne les fruits et légumes !

Revenons à nos moutons. Dans ce Rimi, je commence à regarder tous les rayons. Je passe devant les bandelė (brioches et autres pâtisseries, on en trouve dans tous les supermarchés pour 3 francs 6 sous), puis le pain et j’arrive aux produits frais.

Une vieille dame m’apostrophe : « Atsiprašau ! » (= excusez-moi). Je lui réponds « Aš nekalbu lietuviskai… » (= je ne parle pas lituanien). Mais la dame me regarde avec insistance. Et moi, ça m’embête de ne pas pouvoir l’aider.

La dame me dit alors « frozen » (oui oui, en anglais 🙃) et je comprends le problème : elle n’arrive pas à attraper un paquet. Mais lequel ? Je pointe du doigt des cerises congelées et demande « Šita ? » (= ça ?). La dame répond « Taip, taip ! » (= oui, oui !). Ouf, c’est le bon paquet ! La dame est trop heureuse, elle s’exclame « Ačiū labai ! Ačiū ! » (= merci beaucoup, merci !). Je ne sais pas dire « de rien » en lituanien, donc je me contente de faire un grand sourire et je pars.

Service de traduction – épisode 2

30.11.2018

Je vais tout d’abord récupérer ma traduction au bureau de poste. Ça va, il n’a pas oublié ma tête depuis hier. Je lui demande si c’est bien 8 €. Oui, c’est ça. Je sors mon dernier billet, un billet de 5 €, puis je vais chercher le reste dans mes pièces. 1 € et 1 €. Hum. Je n’avais pas très bien vu en comptant mes sous avant de partir, j’avais vu une pièce de 2 € et une pièce d’1 €. Oups.

Est-il possible de payer par carte de crédit ?
– Non…
– Vous savez où il y a un distributeur dans le coin ?
– À GO9, le gros centre commercial de Gedimino. [C’est à deux pas.] – Je peux laisser mon sac et tout ici, je reviens dans un instant ?
– Oui, oui, pas de problème. Vous pouvez m’apporter un billet de 10, j’ai 2 €.

Hop hop hop, me voici à chercher le distributeur, montant au 1er étage, demandant à des commerçants… en fait il est au -1. Je retire de l’argent et retourne à mon bureau de traduction. Je récupère ma traduction.

Ils ont traduit mon nom par « Клара Мариеке Эдвиге Делкройх« . Si vous savez lire le russe, vous comprendrez que c’est une traduction lettre pour lettre et donc qu’à l’oreille ça ne sonne pas trop pareil… Soit.

Direction le centre de demande de visa.

Visa pour la Russie – épisode 2

30.11.2018

La dame d’hier n’est pas là. C’est un monsieur. Je lui présente mes documents. Il est étonné : j’ai tous les documents, je n’ai rien oublié ! (Pour une fois…)

On discute un peu. Une dame le rejoint. Elle ne parle pas anglais (le monsieur traduit en russe pour elle). On commence à discuter sur les prénoms en français. Oui, en Lituanie, ça les étonne toujours que j’ai trois prénoms : Clara, Marieke et Edwige. Même dans mon adresse mail pour l’université, il se sont plantés : marieke.delcroix@université machin truc chose…

Donc à chaque fois, j’explique que c’est la tradition en France, nous recevons les prénoms de nos grand-mères. Mais dans mon cas, ce sont juste des prénoms comme ça, parce que mes grand-mères s’appellent en réalité Monique et Jeanne.

Voilà. Le monsieur m’explique que la Russie est un très beau pays. Et que je pourrai même perfectionner mon Russe là-bas parce que Moscou et Saint-Pétersbourg, ce sont des villes où on tombe facilement amoureux (ah, Nathalie de Bécaud)… Quoique, Paris n’est pas mal non plus pour tomber amoureux.

30 minutes après mon arrivée, je paye les 56 € de frais de visa et je repars. Je pourrais récupérer mon passeport avec visa à partir du 10 décembre, c’est ouvert de 9 h à 17 h.

Quand je récupérerai mon passeport, je ne dois pas oublier un document spécifique. Le monsieur se souviendra de moi, mais bon c’est la procédure, alors ne pas oublier le document !

Et le froid s’empare de Vilnius

30.11.2018

Depuis plusieurs jours, le mercure est descendu à -7°C. Par contre, la température ressentie, elle, est à -14°C. Brrr… Et dire que ça va encore descendre. -20°C, voire -30°C…

La neige recouvre les trottoirs et s’ils ne sont pas assez salés, on manque de déraper. Alors on adopte un style pingouin pour marcher. 😅

Par contre la Néris (la rivière qui coule dans Vilnius), s’est parée de blocs de glace pour un effet des plus beaux.

Les blocs de glace dans la Néris © Clara Delcroix

Les blocs de glace dans la Néris

Visa pour la Russie – épisode 3

04.12.2018

9 h 40. Je suis en train de prendre mon petit déjeuner, sur le point de partir en cours. Mon téléphone sonne. *Imaginez l’accent russe* « Clara Marieke Edwige ?
– Yes, it’s me.
– Yes, the embassy is asking us some documents to prove that you’re really going to Kaliningrad.
– Bus ticket, is it okay ?
– Yes, sure !
– I also have the booking confirmation from the hostels.
– Yes, bring everything that you can ! »

~ Interlude : le cours de marketing ~

Je me dépêche de partir du cours, et pars vers le centre de demande de visa. En chemin, j’imprime mes documents à Copy1 (Antakalnio g. 50, à côté de Šilo tiltas). 0,56€.

Au centre des visas, je présente tous mes papiers (toutes les réservations de bus et d’auberges de jeunesse), le monsieur (avec son accent russe) me dit : « Yes, it’s perfect. Everything is here. And it was really quick. Perfect ! We’ll bring it to the embassy right now ! »

Tout est ok, je me dépêche pour ne pas être en retard à l’école française.

Et un peu de nourriture pour finir

Les découvertes de la semaine en terme culinaire.

  • Želė tortas : littéralement, un gâteau de gelée. En gros, du varskė (lait caillé) gélifié avec des morceaux de gelée aux fruits dedans
  • Varškės apkepas : à mi-chemin entre le cheesecake et le gâteau, à base de varskė (lait caillé)
  • Varškės pyragas : gâteau à base de varskė (lait caillé)
  • Grybukai : des biscuits en forme de champignon
  • Kūčiukai : des petits biscuits au pavot, spécifiques pour la saison des fêtes de fin d’année (on peut les manger dans du lait, comme des céréales)

On se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles aventures. 😉

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