Jour 4 sur la RN7 : de Vienne en Avignon

© Clara Delcroix

L’étape de ce 9 août a eu lieu sous la pluie. Sur la Nationale 7 ou N7, de Vienne jusqu’en Avignon, les orages ont rythmé notre journée.

Vienne – km 494

Ce matin, nous chargeons la voiture sous la pluie. Nous quittons la ville de Vienne : direction plein Sud en longeant le Rhône.

Isère (38) – N7

Depuis hier, nous sommes en Isère, sur la partie sud de la Nationale 7. En effet, cette Route 66 à la française est divisée entre une partie Nord et une partie Sud.

Peu de temps après Vienne, nous franchissons le cap des 500 km sur la Nationale 7. Bien évidemment, l’endroit est marqué d’un relais : Les 500 bornes !

Dans ce coin de la France (à proximité de Roussillon, mais même après), les villes ne sont pas conçues pour la pluie. Je m’explique. Lorsque le ciel est ensoleillé, ces mêmes villes doivent être tout à fait charmantes. Mais sous la pluie, les façades semblent grisonnantes et les villes sont vraiment mornes !

Nous notons tout de même que la Nationale 7 respecte davantage le tracé d’époque en passant dans certains villages. D’ailleurs, cela semble inspirer les commerçants : Green 7, Pizza 7 et autre EXPO7, le chiffre 7 est partout !

Depuis le début de la journée, il pleut sans discontinuer. Par moments un éclair zèbre le ciel, en général suivi par d’autres. Dans la voiture, on ne s’entend pas parler, entre la pluie et le tonnerre. Sur la route, on doit parfois éviter des zones inondées. La pluie est torrentielle, c’est le cas de le dire ! Petit aperçu sonore :

Drôme (26) – N7

À Pont-de-l’Isère dans la Drôme, nous nous trouvons exactement sur le 45e parallèle : nous nous situons à égale distance du Pôle Nord et de l’Équateur ! Mais pour tout vous avouer, il ne cesse de pleuvoir depuis ce matin, si bien que nous n’y avons pas réellement prêté attention…

À Livron-sur-Drôme nous achetons quelques tomates, nectarines et abricots à un marchand au bord de la route. De quoi nous restaurer pour ce midi !

Depuis quelque temps, les trompes-l’œil fleurissent sur les façades. Dommage qu’il pleuve ! Certains sont si bien réalisés qu’on ne les perçoit qu’au dernier moment.

Nous sommes accueillis à Montélimar, par une vieille Citroën perchée sur l’auvent d’une ancienne station-service. Ah Montélimar et son nougat ! D’ailleurs, il ne faut pas s’y méprendre. Tout nougat fabriqué à Montélimar n’est pas du nougat de Montélimar. Le seul, le vrai, l’original Nougat de Montélimar est préparé avec du miel de lavande, et il contient des amandes et des pistaches.

Du nougat fabriqué à Montélimar, mais pas forcément du nougat de Montélimar ! © Clara Delcroix

Du nougat fabriqué à Montélimar, mais pas forcément du nougat de Montélimar ! © Clara Delcroix

Nous nous arrêtons dans une boutique pour acheter de ce fameux nougat. Nous prenons à la fois du « vrai » et du « faux » nougat. Dans la boutique, je remarque aussi de la crème de marrons : c’est vrai que nous ne sommes pas si loins de l’Ardèche !

Nous retournons en voiture et poursuivons notre chemin. On dirait que les montagnes fument. D’imposants nuages d’orage les surplombent. Nous en profitons pour ouvrir le paquet de « faux » nougat de Montélimar. Bien que faux, ce nougat est tout de même très bon. Je me ressers à plusieurs reprises, mais finis par avoir mal au ventre… Il faut arrêter d’être aussi gourmande !

Vaucluse (84) – N7 et D907

Dans le Vaucluse, la ville de Lapalud était célèbre pour ses balais. Mais ils n’en fabriquent guère plus… Une société perpétue la tradition, mais à une bien moindre échelle.

Direction Piolenc qui est présenté comme capitale de l’ail provençal ! Il ne faut pas oublier de le préciser. C’est vrai qu’il y a aussi de l’ail (fumé) à Arleux, où nous étions lundi. Et puis l’ail blanc à Saint-Clar, l’ail violet à Cadours, l’ail rose à Lautrec et l’ail auvergnat de Billom. Bref, être la capitale de l’ail, c’est quand même moins original qu’être champion du monde de l’omelette (petite référence à la journée d’hier).

Tiens, mais à Piolenc, il y a aussi un musée de la Nationale 7. Une petite pause nous permettra d’oublier la pluie. Sauf qu’il est 13 h 40 et le musée ouvre à 14 h. Nous mangeons un bout et bondissons hors de la voiture pour échapper le plus rapidement possible à la pluie tonitruante.

Le musée de la Nationale 7 de Piolenc

Musée mémoire de la Nationale 7 à Piolenc © Clara Delcroix

Musée mémoire de la Nationale 7 à Piolenc © Clara Delcroix

Ce musée de la Nationale 7 a davantage une allure de musée que celui installé dans le Brit Hotel. Mais certains points m’interpellent. On parle bien d’un musée de la N7 ? Alors pourquoi y trouve-t-on une collection de vélos ? Et l’amoncellement de Solex ? Rappelons que la Nationale 7, c’étaient les années 50 et 60. Alors que les Solex sont plutôt ancrés dans les années 60 et 70. Anachronisme ?

Inutile alors de parler du gilet jaune (gilet de sécurité) installé sur le siège conducteur d’une voiture d’époque. Ah oui, c’est vrai, à l’époque de la N7, tout bon conducteur se devait ne pas oublier son gilet de sécurité ! Vraiment ? Et la Jaguar qui tire une caravane dans les années 50, vous y croyez vous ?

Nous mais vraiment, vous êtes sûrs que c’est bien un musée de la Nationale 7 ? Alors pourquoi y trouve-t-on machines à coudre, radios, et autres machines à écrire ? On emportait tout ça en vacances ? Le téléviseur aussi peut-être ? Encore fallait-il en posséder un de base… En 1965, c’est le cas de seulement 40% des Français (source émission « Pouvoir et télévision » sur France 5, le 11 février 2006).

On se demande pourquoi certains objets se trouvent dans ce musée de la N7… © Clara Delcroix

On se demande pourquoi certains objets se trouvent dans ce musée de la N7… © Clara Delcroix

Le musée propose aussi un film de 20 minutes sur la N7. Instant émotion, préparez les mouchoirs ! Deux habitants de Piolenc évoquent leurs souvenirs d’époque de la N7. Un souvenir peut-être un peu idéalisé et empreint de clichés. Ça nous rappelle un passage de Bienvenue chez les ch’tis ! dans lequel on parle du Nord :

– En été ça va, parce que tu as zéro, zéro-un. Mais l’hiver, ça descend, ça descend, ça descend : moins dix, mois vingt. Moins vingt, moins trente. Tu dis : je reste couché, ils te foutent du moins quarante. Tu vois

– Moins quarante ?

– C’est le Nooord !

Oui, bah en fait, pas vraiment ! Et puis, nous sommes français donc nous ne noterons même pas la traduction approximative du fameux film en anglais, avec des éléments qui apparaissent et d’autres qui disparaissent…

Par contre, oui, un élément intéressant est évoqué : il n’y avait pas d’hôtels le long de la Nationale 7 (ce qui confirme bien que le but était de descendre le plus vite possible).

Bon, ne parlons pas non plus de la petite remarque de la fin : «N’hésitez pas à nous laisser un avis sur TripAdvisor si ça vous a plu !» Bien contents d’avoir payé 4,50€ par personne et pas plus (pas de réduction étudiants).

Nous ressortons du musée au bout d’1 h et gagnons Orange, la ville la plus chaude de France, où il ne fait que 19 °C aujourd’hui.

Une borne de la N7 sur la route du jour © Clara Delcroix

Une borne de la N7 sur la route du jour © Clara Delcroix

Avignon – km 692

Sur le pont d’Avignon, on y danse tous en rond. Et bien, non, merci, pas aujourd’hui, pas sous la pluie ! 😄

Car oui, ce soir, nous déchargeons la voiture sous la pluie.

Espérons que le temps sera plus clément demain, sur la route vers Cannes.

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