Un an après mon arrivée sur Mondoblog – Partie 1 : du vocabulaire Africain !

Des Mondoblogueurs à Madagascar

Au-delà de l’apprentissage fourni pour écrire de bons articles pour le web, faire de meilleures photos et vidéos, et s’améliorer dans le codage du CSS (merci Fotso Fonkam 😉), avec Mondoblog, on apprend aussi beaucoup d’autres choses !

Mon expérience Mondoblog a débuté il y a environ 1 an (avec la publication de mon article sur Étretat le 7 mai 2016). Après une cinquantaine d’articles — dûment organisés dans mes 7 catégories et accompagnés de leurs quelque 140 étiquettes, sans oublier mes 2 petites pages qui se battent en duel pour le moment—, plusieurs dizaines d’heures d’écriture et 10 jours de formation à Madagascar, on apprend beaucoup. Surtout quand on a 17 ans.

Bah oui, du haut de mes 16 ans (à l’époque de ma sélection), je connaissais certes un peu l’Afrique. Je connaissais surtout le Mali pour son « angle droit » (regarder sur un planisphère pour comprendre) et sa mosquée de Djenné en terre (oui, ce bâtiment m’impressionne depuis que je suis en 6e).

Je connaissais aussi un peu le Maroc : une correspondante connue en classe de 5e y habite, et un livre étudié où l’action se déroulait à Casablanca.

Ah oui et le Congo… avec Tintin au Congo ! Mais pas de quoi faire la différence entre la RDC et le Congo-Brazzaville… Je me rappelle quand Will s’est présenté en nous disant « Moi, c’est Will, comme le futur en anglais. Je suis de RDC, et non pas du Congo. » Sur le coup pour tout avouer, je n’ai pas vraiment compris la différence entre Congo et RDC. 😄 Ah oui, et Will comme le futur en anglais, c’est parce qu’en anglais on dit « I will … » pour dire quelque chose au futur.

Bon, pour moi, l’Afrique, c’était aussi la savane avec ses girafes, ses éléphants, ses lions, ses antilopes, ses guépards… Ah et le djembé… J’ai eu des cours de djembé quand j’avais… 5 ans ? Bon, je dois l’avouer, j’avais quelques problèmes pour suivre le rythme…😂

Bref. Avant Mondoblog, je n’avais pas vraiment une connaissance très étendue de l’Afrique (et peut-être un peu stéréotypée sur les bords) ! 😄 Loin de moi, cependant, de dire désormais je suis une experte de l’Afrique !

Mais du coup, en ne connaissant pas grand chose, on apprend beaucoup ! On pose aussi beaucoup de questions vu qu’on ne comprend pas tout. Aussi, dans les groupes de discussion entre Mondoblogueurs, ça donne lieu à des phrases du type « Je pose la question, mais ce n’est pas pour moi, c’est pour Clara » (hum hum, mon œil… mais bon, merci quand même !).

Vive les hashtags #ClaraNeComprendPas et #JeDemandePourClara, les Mondo Words et le Petit Mondo Dico Illustré imaginé par Georges, tout cela aide tout le monde 😉 D’ailleurs, merci à ceux qui ont pris le temps de m’expliquer la signification de tel ou tel mot ou expression !

En attendant l’article de Sonia « Akwaba Clara dans jargon de cacaokro » (ce qui signifie Bienvenue Clara dans le parler de la Côte d’Ivoire), je me lance. Je vous explique quelques expressions africaines ou créoles (bah oui, il ne faut pas oublier les Mondoblogueurs haïtiens !). Difficile toutefois de parler d’une langue africaine : rien qu’au Cameroun, il existe près de 300 langues nationales !

Les bruitages et autres petits mots du vocabulaire africain

Quand un Africain vous écrit ikiii (le nombre de « i » peut varier), il vous admire avec un soupçon d’étonnement. Petit exemple :
— J’ai enfin obtenu le job que je voulais !
— ikiiii !

Le tchip, quant à lui, s’écrit de plusieurs façons : tsuip ou tchr (avec plus ou moins de « p » ou de « r » selon la version, tsuipppp ou tchrrrrrrrrr par exemple). Le tchip sert à marquer le dédain, l’exaspération, le mécontentement (pour plus d’infos sur le tchip). Et on ne parle pas de tchip en Afrique : à l’oral ou à l’écrit, c’est un tchr.

Quand on fait quelque chose chap chap, cela signifie qu’on doit faire cette chose rapidement (en traduction littérale : vite vite). Par exemple, si je dis « je dois partir chap chap« , cela signifie que je vais devoir partir rapidement, ou tôt le matin (selon la région).

On passe au petit mot suivant : kaï, qui signifie tout simplement « non » dans la zone extrême nord du Cameroun. On l’utilise généralement pour protester.

Yako veut dire « désolé » avec une marque de compassion. Par exemple, lorsqu’on est malade ou que l’on perd quelqu’un, on nous dira « yako« .

Kpa s’utilise pour marquer l’étonnement, la surprise. Souvent, il est employé quand quelqu’un ment, et parfois pour mettre fin à un discours.

Des mots du quotidien

Quand Atome m’a dit pour la première fois «c’est comment ?» , je n’ai pas percuté. C’est comment, ça veut tout simplement dire «comment ça va ?». Et la réponse : on est là, ça va ou je suis là (en Côte d’Ivoire, on peut aussi répondre je suis calé)Autre version, en nouchi cette fois (le verlan ivoirien) : on dit quoi ? Réponse : je suis calé, yafoy ou je suis là. Bon en gros, on va bien 😊

Bien sûr le «c’est comment ?»  peut-être complété de l’inévitable : et la famille ? et le travail ? et les amis ? et… et… ?

Vous avez peut-être déjà entendu « Lomé est doux » ou encore « Abidjan est doux » (merci Fababy), ou je-ne-sais-quoi est doux. Quand c’est doux, c’est que c’est bien, c’est bon, c’est cool, c’est frais !

Mon mogo est mon gars, mon pote, mon ami : tout dépend du contexte et de qui le dit ! Et pour parler de votre super pote, vous parlerez de votre badé ou frè sangEt, mesdames, si vous êtes nyanga, vous êtes jolies ou belles.

Quant à la chance ou à la bénédiction, elle se dit douahou.

Griotisme, arnaque et autre mépris

L’atalaku est une flatterie en vue d’obtenir quelque chose (dans la musique, c’est quelqu’un qui vante les gens pour obtenir du succès). On parle aussi de griotisme. En kikongo, atalaku veut dire regarde ici.

Je vais laper dans sa gorge veut dire qu’on va vous arnaquer. Et quand quelqu’un vous parle mal, on dit qu’il vous a gbê. De plus, un ropero est un lèche-bottes : une personne qui en suit une autre juste par intérêt pour son argent ou son succès. Autre point important : le ropero défend toujours celui qu’il suit.

Ah oui, le « je te toise« . Bien que française, cette expression n’est pas très utilisée en France… mais on la voit souvent revenir dans les discussions avec des africains. Je te toise veut dire que je te méprise, je te regarde avec mépris (c’est-à-dire, d’après les mots d’Alexandra, je regarde la personne de manière latérale, de haut en bas, plusieurs fois, si bien que la personne comprenne qu’on a envie de la boxer à ce moment-là, mais qu’il n’y a pas de muscle).

Quelques langues à proprement parler

Le plus facile du vocabulaire africain : le malgache

Bon, le plus facile, pas forcément… Mais c’est la seule langue africaine que j’ai « vraiment » entendue parler (Madagascar était le lieu de la formation et je n’étais jamais allée en Afrique auparavant).

Vous avez appris à souhaiter la bienvenue en jargon de cacaokro (oui oui, au début de l’article) : on dit akwaba. En malgache, on reste dans les sonorités en « a » : tonga soa.

Toujours en malgache, on ne dit pas les « y » à la fin des mots. Par exemple, la monnaie locale, l’ariary se prononce en réalité « ariar« . De même, malgache s’écrit « malagasy » et se dit donc « malagas » (finalement très proche du mot « malgache » français).

Allez, pour terminer sur le malgache : un mot découvert grâce à Adrien qui habitait la Thaïlande et qui prenait le chemin de Taïwan. Les Malgaches ont commencé a éclater de rire lorsqu’ils ont entendu Adrien parler de ces 2 destinations. Les autres blogueurs étaient plutôt perplexes. J’ai finalement su le pourquoi du comment grâce à Guénolé. Le point commun entre ces deux destinations : la syllabe « taï« . En malgache, ça signifie la me*de.

Le camfranglais, un mélange de 3 langues

Le camfranglais est un mélange de camerounais, de français et d’anglais (on le parle donc au Cameroun).

Le classique du camfranglais : le fameux « je wanda« . Issu de l’anglais I wonder (se demander, s’étonner, réfléchir), je wanda (peut aussi s’employer au passé : j’ai wanda) marque l’étonnement, la surprise, la stupéfaction.

Maf ou mouf est dérivé de l’anglais move (bouger). C’est un « dégage » amical, qu’on emploie entre amis.

Nyanga signifie crâner. Par exemple : la go là n’arrête pas de nyanga… (ah oui, go veut dire fille, femme, si vous ne le saviez déjà).

Un petit peu de créole pour finir

Bon d’accord. Le créole n’a rien à voir avec l’Afrique. Mais il y a aussi des Mondoblogueurs haïtiens. Et donc, ils parlent créole, comme tout le monde aux Antilles !

Petite anecdote : dans son jeune temps, mon père comprenait le créole et devait même savoir un peu le parler (il a séjourné un an en Martinique).

Du coup, une toute petite expression créole pour clore cet article : doudou a mwen (prononcé doudou à moué)Doudou est correspond au petit copain. Mwen veut dire moi. Donc doudou à mwen signifie « doudou à moi », c’est-à-dire mon petit copain.

Alors, connaissiez-vous tous ces mots ? En avez-vous appris ? Y a-t-il d’autres mots africains dont vous cherchez désespérément la signification (n’hésitez pas à laisser un commentaire si tel est le cas) ?

Si vous souhaitez apporter la définition de certaines expressions africaines/créoles qui ne sont pas évoquées dans cet article (mais qui sont très utilisées), n’hésitez pas à mettre un commentaire 😉

Retrouvez aussi le deuxième article (qui porte sur la culture africaine) et la troisième article (sur la cuisine africaine) de cette série de 3 articles 😉

1 an après Mondoblog – Partie 1 : du vocabulaire Africain, une image à partager sur Pinterest

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18 Commentaires

  1. Excellent article Clara! Je me suis régalée. Les expressions africaines vues de ton regard c’est rafraîchissant . J’espère qu’il y aura une seconde partie de ce billet. (Et je ne te toise pas)

  2. bien fournit Clara, j’en apprends beaucoup sur les autres expressions d’Afrique et un peu de creole. et oui, les malagasy ne peuvent se retenir en entendant Thailande et Taiwan surtout « Taiwan ».on sait ce que veut dire la premiere syllabe mais avec la deuxieme syllabe « wan » qui se prononce comme « hoanina » (veut dire manger en malagasy) c’est pire

  3. Article bien ficelé mais quelle généralisation en parlant de vocabulaire africain Clara ! Tout ce que tu dis ne concerne pas les africains des pays qui n’étaient pas à Mada. Ni les anglophones !

  4. C’est super rafraîchissant de te lire Clara! Et j’ai appris la signification de « je Wanda », j’adore l’humour des camerounais .
    Je suis originaire de Djenné, je peux donc comprendre ta fascination pour notre belle et majestueuse mosquée.
    J’espère que tu auras l’occasion de la voir en vrai bientôt !

  5. Très bon article chère Clara, surtout quand j’y retrouve quelques similitudes avec des expressions du Congo, bah oui, la RDC, souvent nous avons l’ipression que c’est le seul Congo qui existe car c’est le plus grand des deux. Cependant, la partie la plus interessante pour moi c’est celle concernant le Camfranglais. Si vous pouvez y revenir avec plus des détails dans la deuxième partie ça me faira du bien car je voudrais en savoir d’avantage.

  6. Je crois qu’ « allocataire », au Cameroun, c’est un menteur, qui fait l’ « allô », des gros bobards, quoi! Allô, quoi! 😉

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