Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee

Devant le panneau de l'Allemagne © Éric Delcroix

Afin de valider son échange Sauzay, il faut rédiger un rapport. Voici le mien, rédigé juste après mon retour d’Allemagne, en 2015.

Cet article est le deuxième d’une série de trois, retrouvez aussi L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande et 5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?.

Intentionnellement, je n’ai rien modifié de mes écrits de l’époque, même si, avec le recul, certains points me semblent peut-être à relativiser. Retrouvez donc aussi mon ressenti 5 ans après mon échange Sauzay.

Échange Brigitte Sauzay à Prien-am-Chiemsee, du 2 janvier au 29 mars 2015

Introduction

L’Allemagne est un pays qui m’a plu de suite, après y avoir fait mes premiers échanges (2 semaines en juin 2012 et le second de 10 jours en août 2012). (Re)découvrir une culture ainsi que l’idée de m’améliorer dans une langue me plaisait beaucoup. De plus, cet échange Brigitte Sauzay s’intégrait très bien dans mon parcours scolaire, étant en section AbiBac.

Après une escapade de quelques jours à travers l’Allemagne avec ma famille (visite des plus grandes villes de Bavière : Nuremberg, Ratisbonne, Munich, Neuschwanstein, etc.), je suis finalement arrivée le 2 janvier à Prien-am-Chiemsee, une bourgade d’environ 10 000 habitants qui se situe sur les bords du lac de Chiemsee, au sud de l’Allemagne, en Bavière (à environ 1 heure en voiture de Munich et de Salzbourg).

Ma famille d’accueil était composée d’une fratrie de 4 enfants : ma correspondante (Georgie, 15 ans), sa petite sœur (Gita, 7 ans), son petit frère (Jonathan, 10 ans) et son grand frère (Anand, 17 ans). Les parents étaient en mariage libre : la mère vivait avec les enfants à la maison, et le père venait de temps en temps, notamment le week-end.

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Nourriture et repas

Organisation culinaire d’une journée

La répartition des repas dans une journée est très différente entre l’Allemagne et la France. De plus, dans la famille, plusieurs personnes étant végétariennes, je n’ai presque jamais mangé de viande (à part la charcuterie) et pas beaucoup de repas traditionnels de Bavière ou d’Allemagne. En complément, vous pouvez consulter l’album d’images de mes repas dans la page Facebook de mémé Moniq.

Le premier repas de la journée (le petit-déjeuner, Frühstuck en allemand) était différent en semaine ou le week-end.

En semaine, il se composait de pain (pain noir ou complet ou des petits pains ronds, des Brötchen aussi appelés Semmeln en Bavière) et de confiture, de flocons d’avoine, de muesli (Müsli en allemand) ou de semoule (Griesbrei).

Le week-end, c’était le petit-déjeuner allemand typique. En plus des pains et de la confiture (et du miel, du Nutella et autres pâtes à tartiner sucrées telles que celles aux noix de macadamia et chocolat blanc), on retrouvait différents éléments : de la charcuterie (Aufschnitt en Allemand), du fromage (la plupart du temps, du fromage à pâte dure, mais on retrouve aussi du camembert, ainsi que le fameux Frichkäse ou fromage à tartiner), divers produits à tartiner comme la pâte à tartiner aux lentilles corail, celle aux oranges-raifort ou encore betterave rouge-raifort, etc.

Niveau boissons, c’est du thé, parfois avec du jus d’orange ou du café.

Les jours d’école, à l’heure de la pause, de 9 h 45 à 10 h environ, on a le Brotzeit où chacun mange son Pausenbrot, sandwich accompagné éventuellement de fruits.

Le déjeuner (Mittagessen) se prend à midi les jours de cours. La plupart du temps un seul plat principal le compose. On y ajoute quelques fois un fruit ou un dessert. Petite curiosité : le repas de midi peut très bien être sucré (riz au lait, Kaiserschmarrn, etc.). À la maison, on le mangeait plutôt entre 13 h et 16 h.

 

Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix

Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix

Pas de goûter en Allemagne, mais beaucoup de grignotage entre les repas me semble-t-il !

Le repas de soir (Abendessen) se mange entre 17 h et 22 h, mais plus généralement entre 18 h et 19 h (une fois on l’a même mangé à 2 h du matin vu qu’on rentrait du bal de fin d’année). À la maison, il se compose généralement de sandwichs (toutes sortes de choses sur la table et chacun se sert pour faire ses sandwichs) accompagnés parfois de légumes en salade (souvent de concombre). Pour compléter le tableau, j’ai mangé à de rares occasions des gratins, des pâtes, de la quiche et de la soupe (le tout sans réelle grande variété).

Spécialités culinaires de Bavière

  • Weißwurst mit Semmel : deux saucisses blanches (saucisse de veau et de porc, épicée de persil et de citron) accompagnées d’une boule de pain et de moutarde sucrée
  • Knödel (sorte de quenelle), il en existe différentes sortes (liste non-exhaustive) :
    • Semmelknödel (au pain)
    • Spinatknödel (aux épinards)
    • Kartoffelknödel (aux pommes de terre)
  • Back-Camembert : on pourrait penser camembert égale France, mais en Allemagne le camembert pané et frit est très répandu (petite précision : c’est bon, mais j’ai jamais vraiment trouvé que ça avait le goût de camembert)
  • Krapfen : beignet (le plus courant est le Aprikosen-Krapfen ou beignet à l’abricot)
  • Leberkäse : pain de viande à base de corned-beef, de lard et d’oignons
  • Butterbretzel : un bretzel coupé en deux et tartiné de beurre
  • Currywurst : la plupart du temps découpée et servie accompagnée de ketchup au curry et de frites ou d’un Brötchen
  • Topfenstrudel : sorte de chaussons aux pommes mais pas aux pommes, au Quark (sorte de fromage blanc)
  • Spätzle : sorte de pâtes, la plupart du temps revenues avec de l’oignon et du fromage
  • Dampfnudel : pain blanc ou au lait gonflé à la vapeur (personnellement, je trouvais que ça ressemblait à un pain cuit à moitié)
  • Obazda (fromage blanc, beurre et camembert mélangés et assaisonnés de poivre et de paprika)

École

En Allemagne, je n’étais pas scolarisée dans une école publique, mais dans une école Waldorf (ces écoles privilégient les activités manuelles et artistiques en complément des activités intellectuelles). Ce type d’école est beaucoup moins présent en France qu’en Allemagne (environ 10 fois moins) : 230 écoles de ce type en Allemagne contre une vingtaine en France.

Les cours commençaient tous les jours (mais le samedi, il n’y a pas d’école) à 8 h. L’école étant à moins de 5 minutes à pieds de la maison, je me levais vers 7 h. Les deux premières heures sont consacrées à l’Epoche (un cours spécifique d’une à plusieurs semaines). Par exemple une Epoche de chimie, mais il n’y a pas d’autres cours de chimie en dehors de cette période.

Cette Epoche est suivie d’un quart d’heure de pause autour de 10h, appelée Brotzeit en Allemagne, soit le temps du pain (voir la partie sur la nourriture). Après cette pause, les cours reprenaient pendant 2 Stunde (heures de cours, donc 45 minutes en Allemagne).

Nous avions ensuite la pause de midi, puis, selon les jours, 2 à 4 Stunden dans l’après-midi.

La classe est composée d’une bonne vingtaine d’élèves. Malheureusement, j’ai trouvé dommage que quasiment aucun d’entre eux n’ait tenté de discuter avec moi. Le matin, c’était à peine si 2-3 personnes me disaient bonjour. Je ne me suis donc pas fait, à mon grand regret, d’amis à l’école.

J’ai l’impression que les professeurs m’ont plutôt appréciée, vu que j’écoutais les cours et essayais même parfois de participer.

Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix

Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix

Loisirs

Comme ma correspondante fait de la gymnastique, je l’ai accompagnée à ses entraînements. Au début de mon séjour, on y allait deux fois par semaine, puis la fréquence a diminué à une fois par semaine pour la deuxième partie de mon séjour. Les gens étaient plutôt sympathiques, on y discutait beaucoup, mais je n’ai pas eu de nouvelles des personnes de la gym depuis mon retour.

J’ai aussi suivi un cours de danse avec l’école et ainsi participé au bal de fin d’année (Abschlussball) qui était bien.

Le soir, après les cours, Georgie allait souvent voir son petit copain s’il ne venait pas à la maison. Sinon, elle restait fréquemment dans sa chambre pour faire ses devoirs – ou autres choses – et régulièrement, elle faisait un jogging. De ce fait, je devais me trouver seule des occupations. J’avais rapporté un pull-over à tricoter, ainsi que ma guitare et de quoi dessiner.

De plus, je me suis très bien entendue avec la petite sœur de ma correspondante qui est très manuelle, comme moi. Je lui ai appris plusieurs choses en tricot et en crochet. Je m’occupais souvent d’elle le soir (vers la fin de mon séjour, aussi pour les devoirs parfois), un peu comme une jeune fille au pair devant s’occuper des enfants…

Les deux dernières semaines, je faisais parfois la cuisine, mais c’était un peu un défi pour moi avec le peu d’équipements et d’aliments que j’avais en comparaison à ce que nous possédons chez moi, à la maison.

Le week-end, nous sommes très souvent allés à Steinplatte, en Autriche. C’est une très grande station de sports d’hiver avec ses 42 km de pistes skiables, ses 13 remontées mécaniques et ses 1 120 m de dénivelée. Cela m’a permis de m’améliorer en ski et aussi de prendre confiance en moi sur la neige, car au début (par exemple) je n’osais pas sauter au FunPark (lieu avec des sautoirs), alors qu’à la fin je le faisais.

En revanche, je regrette d’avoir fait aussi peu de visites de villes, de lieux, car Munich n’était pas loin, le lac de Chiemsee, le château d’Herrenchiemsee, etc non plus. Je n’ai visité que Salzbourg, la dernière semaine, après avoir dû lourdement insister ! Mais j’ai eu raison, car c’était vraiment agréable même si le climat n’était pas de la partie. On a vu le jardin Mirabell, la maison de naissance de Mozart (ainsi que la Getreidegasse par la même occasion), la Residenzplatz, etc.

Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix

Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix

Différences France – Allemagne

  • Les passages piétons. En France, nous avons des passages piétons et des feux rouges, mais nous traversons n’importe où n’importe quand (en faisant tout de même attention à ne pas nous faire écraser). En Allemagne, on ne traverse qu’aux passages piétons et quand le feu est vert. Cette différence se remarque aussi en France lorsque je me balade avec Georgie (ou d’autres correspondantes). Elle ne fait pas attention pensant que l’on traverse réellement sans regarder (alors qu’on le fait en anticipant, sans même s’en rendre compte) et a risqué de se faire écraser à plusieurs reprises.
  • Le vélo. Le vélo est important en Allemagne. Mais quand je dis important, c’est très important. Qu’il pleuve, neige, grêle, vente ou que ce soit verglacé, on se déplace à vélo. De plus, les pistes cyclables sont sur les trottoirs, c’est-à-dire délimitées par une peinture sur le sol et interdiction aux piétons d’être sur cette zone.
  • L’eau gazeuse est beaucoup plus présente que l’eau plate. Si vous allez au restaurant et demandez de l’eau, on vous servira de l’eau à bulles ; il faut préciser si l’on veut de l’eau plate. En parlant des restaurants, l’eau est payante (et n’allez pas demander de l’eau du robinet, on vous prendrait pour un fou), ainsi que le pain (il n’y a pas de corbeille de pain sur la table).
  • Repas de midi. Les Allemands sont étonnés par notre pause de midi qui dure une heure complète et que la plupart du temps on mange pendant plus de 30 minutes.
  • Petit-déjeuner. Autre différence déjà évoquée lorsque j’ai parlé des repas : les charcuteries et le fromage au petit-déjeuner.
  • Inviter ses amis au petit-déjeuner est une coutume allemande sympathique. D’ailleurs dans ma famille d’accueil, ils sont plutôt du matin (enfin, la « grasse mat’ » le dimanche, ils ne connaissent pas, si on se lève à 10 h, c’est déjà très tard) et le soir, ils sont très vite fatigués (aux environs de 9 h, tout le monde dans les chambres et dodo !).
  • Automobiles. Sur le parking d’Aldi ou Edeka, il n’est pas rare de voir des Porsche ou des Mercedes…
  • Les bouteilles sont consignées.
  • Bises et câlins. On ne se fait pas la bise en Allemagne. Avec les personnes proches, c’est un câlin pour dire bonjour et avec les autres, on leur sert la main.
  • Les places de cinéma sont numérotées.
  • Manger des glaces en hiver, c’est normal ! D’ailleurs dans de nombreuses rues, on trouve un glacier.
  • Les Allemands ont un niveau en langues étrangères nettement supérieur aux Français.
  • Et tant d’autres…

Pour conclure, je trouve que mon séjour s’est bien passé, malgré quelques petits points négatifs dont certains sont indiqués dans les parties précédentes. Cela a enrichi mon vocabulaire allemand.

© Clara Delcroix

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