Erasmus : la vie à l'université de Vilnius

Cet article est une partie de mon rapport de fin de séjour Erasmus en Lituanie à l’université de Vilnius. Vous y trouverez les réponses à des questions pratiques afin de préparer son Erasmus en Lituanie ou ailleurs, et apprendrez à connaître un peu mieux ce pays balte.

La partie précédente s’intitule Télécommunications et administration en Lituanie.

Campus de l’université de Vilnius

Un peu comme pour l’université de Lille, les facultés de l’université de Vilnius sont réparties sur différents campus.

Au Nord-Est de la ville, c’est le campus de Saulėtekio. En traduction littérale, Saulėtekio signifie « soleil levant » (logique, le soleil se lève à l’Est). C’est utile à savoir pour certaines traductions de traducteurs automatiques en ligne qui indiquent par exemple « tel endroit est à proximité du soleil levant » : non, ce n’est pas un bug… juste une traduction littérale 😉

Au niveau de Saulėtekio, on trouve la business school, la faculté de communication, la faculté d’économie et d’administration des affaires, la faculté de droit, la faculté de physique et le centre des sciences de la vie.

Dans le centre-ville, l’université historique (les jolies photos sur Internet) se situe Universiteto g. « Rue de l’université », à nouveau très logique 🙂 Vous aurez la chance d’étudier dans ces locaux si vous avec des cours dans la faculté d’histoire, dans la faculté de philologie (les langues) ou dans la faculté de philosophie.

J’écris « la chance » parce qu’au niveau de la beauté des locaux, je pense que les bâtiments historiques de l’université de Vilnius l’emportent haut la main. Les facultés y sont organisées autour de cours, avec des bâtiments dans différents styles architecturaux (gothique, Renaissance, baroque et classique).

Si vous étudiez à l’institut des relations internationales et des sciences politiques, vous serez aussi dans le centre-ville, mais à la rue allemande (Vokiečių g.).

La faculté de chimie et de géosciences et la faculté de mathématiques et d’informatique se situent Naugarduko g. Et pour terminer la faculté de médecine est dans la rue M. K. Čiurlionis (M. K. Čiurlionio g.).

Les temps de trajet sont importants à prendre à compte. Du centre-ville à Saulėtekio, ce sont environ 30 minutes de trolley.

Professeurs et enseignants

Les professeurs de l’université sont en général très aidant avec les étudiants Erasmus. Je n’ai pas eu de mauvaises surprises. Je sais que certains ont eu des problèmes de professeurs absentéistes/retardataires, mais ce n’était pas mon cas (sauf une enseignante, mais je n’ai eu que 2-3 cours avec elle).

Les professeurs contactés via l’ENT ou sur leur adresse mail ont tous été réactifs aux messages envoyés. L’ENT est d’ailleurs beaucoup plus utilisé que dans mon université en France. Les professeurs n’hésitent pas à faire passer des informations par l’ENT.

Certains demandent comment les enseignants parlent anglais. Disons que ça dépend. Pour certains l’anglais est chiadé, pour d’autres plus brinquebalant… Mais l’accent lituanien en anglais à ses charmes 😉 (et non : ce n’est pas comme l’accent russe !)

Examens à l’université de Vilnius

Pour les examens, on est loin – très loin – de la France. Les examens ont lieu dans la salle de classe habituelle. Si on n’a pas sa carte étudiante, ce n’est pas bien grave. « Les profs nous connaissent. »

Les notes reçues en Lituanie sont sur 10. 10/10 est la meilleure note, 0/10 la moins bonne, mais à moins de ne pas se présenter à l’examen (et encore) ce n’est vraiment pas une note habituelle. Je crois que la pire note que j’ai vu était un 3/10, mais vraiment rare. Avec un minimum de travail, on atteint très facilement la moyenne (5/10).

Souvent les enseignants proposent des travaux annexes ou des moyens de remonter sa moyenne (pour atteindre les 8/10 ou 9/10 voire 10/10, oui, oui, c’est possible en Lituanie !).

Et si les enseignants oublient que vous avez fait tel ou tel travail, ne pas hésiter à leur rappeler (j’ai eu le cas pour un travail de groupe qui devait nous rapporter des « points bonus »… l’enseignant avait oublié de les ajouter).

Mais attention, une conversion a lieu au retour en France : un 10/10 ne donnera pas forcément un 20/20. Certains établissements considèrent que les étudiants sont « sur-notés » en Lituanie par rapport à la France et réduisent les notes à leur retour.

Des examens en salle informatique

En faculté d’économie, beaucoup d’enseignants aiment les QCM informatiques comme partiels de mi-semestre (midterm exam, abrégé en midterm) et de fin de semestre (final exam). Ça peut sembler facile, mais ça ne l’est pas toujours.

Parfois, par exemple, il est impossible de revenir sur une question précédente. Il faut donc effectuer des choix stratégiques : zapper une question qui demandera beaucoup de temps de réflexion ou non ? Mais dans l’ensemble ces QCM sont faisables, on peut même y obtenir de très bonnes notes.

Si on a besoin d’une calculatrice, mais que l’on est en salle informatique, les professeurs nous autorisent à prendre la calculatrice de l’ordinateur. Certains étudiants Erasmus ouvraient même un traducteur (Google Traduction/Deepl), sans aucune remarque de la part des enseignants.

Les examens plus « traditionnels »

Les examens qui ne se déroulaient pas en salle informatique consistaient en général en une série de questions « ouvertes », parfois une présentation orale (j’y reviendrai par la suite). Les Français ont tendance à écrire beaucoup (disserter en somme…), mais ils se rendent vite compte que les Lituaniens se contentent de bien moins (5 lignes peut-être…).

Si on a une question pendant le partiel, en général, l’enseignant est prêt à venir reformuler la question ou expliquer un mot de vocabulaire (ça dépend quand même).

Le summum : une prof de marketing nous a expliqué qu’un trou de mémoire pouvait arriver à n’importe qui, dans ce cas il fallait lui demander et elles nous donneraient des « indices » pour nous aider à nous remémorer (dans les faits, elle donnait les grands traits de la réponse à la question).

À l'université de Vilnius, la remise des diplômes donne lieu à une cérémonie en tenue officielle, avec mortier et toge © Clara Delcroix
À l’université de Vilnius, la remise des diplômes donne lieu à une cérémonie en tenue officielle, avec mortier et toge © Clara Delcroix

Un modèle éducatif différent ?

Le modèle éducatif lituanien est sur certains points très similaire avec le modèle finlandais. Je n’avais pas de cours en amphi, les salles de classe ressemblaient à des salles de classe de lycée. Mais ce n’est pas toujours le cas pour les Lituaniens qui étudient en lituanien (les étudiants sont moins nombreux dans les cours dispensés en anglais).

Deux caractéristiques distinctives en Lituanie sont les travaux de groupes et les fameuses présentations orales évoquées précédemment, tous deux beaucoup plus courants qu’en France.

Au début, les Français on un peu du mal avec les présentations, mais en réalité c’est génial pour briser la glace et ne pas avoir peur de prendre la parole en anglais ! Vous vous rendrez compte que ce n’est pas bien grave de faire des erreurs à l’oral, qu’on vous comprend quand même.

N’hésitez pas à demander aux professeurs ce qu’ils attendent précisément d’une présentation réalisée en groupe : certains enseignants sont d’accord pour qu’une personne fasse les recherches, une autre réalise les slides et la dernière présente devant la classe (tout le monde n’est pas obligé de tout faire).

Aussi amusant à noter : j’ai eu beaucoup plus d’enseignantes que d’enseignants alors qu’en France la tendance est plutôt inverse.

Exemple 1 : le cours de microéconomie

L’idée en Lituanie est de dédramatiser tout, tout le temps. En début de semestre, une prof de microéconomie nous faisait définir les règles de la classe. Combien de minutes de retard sont autorisés ? Peut-on recevoir un appel téléphonique pendant le cours ?

Après discussion entre l’enseignante et les élèves, nous nous sommes mis d’accord sur plusieurs points. Un retard de 10 minutes est autorisé (au-delà la porte se fermait et nous devions rester dehors). Nous pouvons prendre un appel téléphonique urgent (mais sortir de la salle de classe dans ce cas).

Les professeurs prennent le temps d’écouter les étudiants et on ne se sent vraiment pas stupide à poser une question (comme c’est parfois le cas en France). De même on n’a pas ce sentiment d’être « jugé » par les autres étudiants (parfois aussi le cas en France).

Exemple 2 : le cours de russe

Dans les cours de langue, l’accent est mis sur l’oral. J’avais beaucoup de mal au début, parce que j’étais habituée au modèle français : j’avais peur de faire des fautes.

En France, on nous triture l’esprit avec la grammaire, la conjugaison, etc. On travaille beaucoup sur des textes. Et dès qu’on ouvre la bouche pour dire un mot dans la langue étrangère l’enseignant nous reprend sur la prononciation, l’accord non réalisé, la conjugaison incorrecte…

Je me souviens d’un jour où l’enseignante de russe m’interroge. Comme je ne parle pas bien russe, je réponds en anglais of course. Elle m’écoute attentivement, puis me dit «c’est bien, mais maintenant vous allez le dire en russe, avec des mots simples». Sur le coup ça fait tout drôle, mais après quelques minutes je me suis rendue compte que c’était possible. 🙂

En réalité, pour les cours de langue, la Lituanie c’est tout le contraire de la France. À la fin du semestre, l’enseignante de russe, nous a fait passé un entretien individuel. Elle m’a dit : «Clara, maintenant vous oubliez toutes les règles de grammaire et vous parlez simplement russe».

Puis d’ajouter «En tant que tel, les cas, la grammaire, on s’en fiche ! Les Russes comprennent quand même.» Et quand le prof vous dit ça, quelle bouffée d’oxygène : ça fait tomber toutes les barrières, merci !

La suite s’intitule Nourriture en Lituanie : les spécialités lituaniennes.

Et vous, quelles différences avez-vous ressenties entre votre université d’accueil et votre université d’origine pendant votre Erasmus ?

© Clara Delcroix
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Auteur·e

cladelcroix

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