cladelcroix

Il y a 29 ans, les Lituaniens se battaient pour leur indépendance

Je l’ai découvert ce matin. J’étais sur Instagram et un post m’a interpellée : une triptyque photo représentant la tour de télévision de Vilnius (Lituanie). Une fois illuminée en jaune, une fois en vert, et enfin en rouge : les couleurs du drapeau lituanien. Pourquoi ? Que s’était-il passé ?

Ni une ni deux, je pose la question sur Facebook : « Who can explain me what happened on January 13th in Lithuania? » (traduction : « Qui peut m’expliquer ce qui s’est passé le 13 janvier en Lituanie ? »). Merci d’avance à Rūta Latinytė qui a pris le temps de m’expliquer 🙂

J’étais un peu surprise : à cette date, j’étais à Vilnius l’an dernier. Mais pourtant aucun souvenir de cet événement ne me vient à l’esprit… Alors si vous aussi vous ne connaissez pas la journée des Défenseurs de la Liberté commémorée tous les ans 13 janvier en Lituanie, je vais vous expliquer.

Un peu d’Histoire : URSS et Lituanie

La dislocation de l’URSS s’est produite le 26 décembre 1991. Mais la Lituanie avait déjà déclaré son indépendance plus d’un an auparavant : le 11 mars 1990. C’était la première république soviétique à le faire ! Elle sera suivie par la Lettonie en mai 1990 et par l’Estonie en août 1990.

En janvier 1991, l’URSS a voulu reprendre le contrôle des pays Baltes, dont la Lituanie. Elle a envoyé des troupes armées dans chacune des nouvelles républiques. Vilnius, capitale lituanienne, n’a pas été épargnée : ce fut la première et la plus touchée des capitales.

Le 10 janvier, Mikhaïl Gorbatchev, alors dirigeant de l’URSS, demande au Conseil Suprême de la République de Lituanie la restauration de la constitution de l’URSS en Lituanie. Il menace d’intervenir militairement si ce n’est pas fait.

La tour de télévision de vilnius © Clara Delcroix
La tour de télévision de vilnius © Clara Delcroix

Le 11 janvier, l’ultimatum est réitéré : les Lituaniens doivent s’y conformer avant 15 h. Mais peu avant midi, les troupes soviétiques s’emparent du ministère de la Défense à Vilnius, puis de la maison de la presse quelques minutes plus tard. Dans l’après-midi, des actions ont lieu dans d’autres villes du pays, comme Šiauliai ou Nemenčinė.

Le 12 janvier, pendant la nuit, des civils lituaniens désarmés viennent de tout le pays pour encercler et défendre des bâtiments stratégiques : le Parlement (Seimas), la tour de télévision, les bâtiments de la télévision et de la radio nationales (LRT – Lietuvos nacionalinis radijas ir televizija)…

Vers 4h30, les soldats soviétiques essaient de s’emparer de l’académie de police à Vilnius, mais échouent. Dans la nuit du 12 au 13, deux colonnes de véhicules partent d’une base militaire à proximité de Vilnius : l’une se dirige vers le centre-ville de Vilnius, l’autre la tour de télévision de Vilnius (parfois dite tour de Vilnius).

Le 13 janvier, imprimé dans la mémoire collective lituanienne

Vers 1h30, le dimanche 13 janvier 1991, les militaires soviétiques commencent à tirer des balles à blanc sur les foules de civils, brisant des fenêtres à proximité et rendant certains manifestants sourds. Mais par la suite, l’on passe des balles à blancs aux balles réelles, et les chars foncent sur le rassemblement, écrasant des civils. Bilan : 14 civils sont décédés et 164 ont été blessées…

Ci-après, quelques images tournées par la télévision nationale lituanienne à l’époque (sous-titré en anglais). Des photos sont aussi visibles dans l’article « Occupied but not silenced. January 13, 1991: the night when Soviets stormed LRT ».

Occupied but not silenced. January 13, 1991.

January 13, 1991. Months after Lithuania declared independence, Soviets occupy the radio and TV buildings. Journalists working for LRT today were at their desks when the first shots were fired

Publiée par LRT English sur Vendredi 10 janvier 2020

Ces attaques sont parfois comparées au Bloody Sunday irlandais et sont commémorées en Lituanie lors de la journée des Défenseurs de la Liberté, le 13 janvier.

Dans la journée du dimanche, plus de 50 000 personnes manifestent pour l’indépendance de la Lituanie et notamment sur la place de l’indépendance à proximité du parlement. Les civils construisent des barricades avec des matériaux récupérés sur un chantier voisin.

Les troupes soviétiques se sont retirées dans la journée du 13 janvier. Par la suite, l’URSS a démenti les tirs sur les civils. D’après eux, les membres du Mouvement réformateur de Lituanie (Sąjūdis) auraient ouvert le feu en premier.

Rūta m’explique que son père était à proximité du parlement cette nuit-là. Elle ne manque pas d’ajouter avec humour :

« J’avais 6 ans et je me suis réveillé très déçue d’avoir manqué la guerre pendant la nuit. Mais j’étais très heureuse de voir papa de retour à la maison. »

Ci-dessous, un reportage télévisé sur les événements de janvier 1991 (en lituanien, sous-titré en anglais).

Et depuis ?

Depuis, ces événements sont commémorés tous les ans, même si la journée n’est pas fériée. En général, des feux sont allumés devant le Parlement et des commémorations ont lieu dans les écoles et autres institutions publiques. Dans l’article « Lithuania marks Jan 13 anniversary and honors freedom defenders », on peut voir des images des commémorations de cette années.

À proximité de la tour de télévision, là où des civils sont décédés, de petites obélisques en granite ont été érigées. En 2005, Darius Bražiūnas et Artūras Asauskas ont créé une statue en bronze de 8 mètres de haut, « Le sacrifice », visible près de la tour de télévision. Elle représente une femme debout sur une cloche, levant les bras au ciel.

En 2008, le mémorial du 13 janvier a été construit à proximité du Seimas (parlement lituanien).

L’année prochaine, les événements de janvier auront 30 ans. En aviez-vous déjà entendu parler ?


5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?

Mon échange Brigitte Sauzay, c’était il y a presque 5 ans. Mais depuis ce temps, qu’en reste-t-il ?

Cet article est le premier d’une série de trois, retrouvez aussi L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande et Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee.

Relations avec ma correspondante, Georgie

Après 5 années, j’ai toujours des contacts avec ma correspondante, Georgie. De temps à autre, nous nous écrivons, plus rarement nous nous appelons. Mais depuis un peu plus de 2 ans, nous ne nous sommes plus revues « en vrai ». Et même si je suis allée en Allemagne, je ne suis jamais retournée à Prien-am-Chiemsee. 😕

En tout cas, nos discussions avec Georgie, sur le plan linguistique, sont souvent amusantes. La règle du « on parle français en France et allemand en Allemagne » ne tient plus ! Désormais, il nous arrive même de parler anglais (surtout l’année dernière, lorsque j’étais en Lituanie, et que je parlais constamment anglais). Mais en général, c’est surtout un mélange de plusieurs langues qui prédomine : on utilise le premier mot qui nous vient en tête, peu importe si celui-ci est en français, en allemand ou en anglais ! 😀

En tout cas, je peux m’estimer chanceuse, car dans les personnes que je connais ayant effectué un échange Sauzay, rares sont celles à avoir gardé le contact après plusieurs années. Nombreux sont ceux à s’être plaint de leur corres, de ses habitudes de vie… À un moment, c’était presque la compétition à qui aurait la pire…

En outre, la situation géographique n’est pas pour nous aider, Georgie et moi : à vol d’oiseau, ce sont près de 750 km qui séparent Lille de Prien-am-Chiemsee, plus de 900 km par la route…

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix
Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Des trajectoires différentes

Et puis, en 5 ans, nous prenons des trajectoires très différentes. Surtout dans les années terminant le lycée et celles qui suivent. On choisi son orientation professionnelle, mais c’est aussi l’occasion de partir à l’étranger : voyager, travailler, étudier…

Depuis la fin de notre échange, j’ai intégré Mondoblog, j’ai vécu une année en Lituanie, j’ai commencé à travailler (pour les Haut-Parleurs de TV5Monde, en lien avec le Labo 148 de Roubaix, mais aussi pour Radio-Campus Tours, etc.) et, cette année, je vais terminer ma licence.

Georgie, quant à elle, vient de terminer le lycée (le Gymnasium allemand) : il y a un décalage d’un an entre la France et certaines régions d’Allemagne et elle a vécu 6 mois en Inde et 6 mois à Paris, lui faisant « perdre » une année scolaire. Désormais, elle s’apprête à partir pour 6 nouveaux mois en Équateur.

L’échange Sauzay, avec du recul, bonne ou mauvaise idée ?

De mon échange Sauzay, j’en garde un bon souvenir, et même de bons souvenirs, au pluriel. Certes, tout n’était pas parfait, mais je n’ai pas de regrets. C’est une expérience que, je pense, il faut saisir si on en a l’opportunité. 😊

Être immergé dans une autre culture pendant 3 mois lorsqu’on est âgé de 14 ans, c’est quand même assez exceptionnel ! On se rend compte que tout n’est pas comme chez soi, que ce soit sur le plan culturel, scolaire ou familial. Vivre 3 mois loin de ses parents à cet âge, ça permet aussi de grandir, de mûrir, d’apprendre à se débrouiller plus ou moins seul. De prendre confiance en soi aussi.

Et sur le plan linguistique, l’allemand ?

Concernant l’allemand, comme toute langue, si on ne l’entretient pas, on oublie rapidement !

Après ma Terminale AbiBac, j’ai complètement arrêté l’allemand. Un ras-le-bol d’une part, un manque de possibilités de l’autre : dans ma licence avec l’option journalisme, seuls les cours d’anglais était possible, pas d’autre langue vivante.

Indéniablement, mon niveau d’allemand a baissé. Mais, ayant repris l’allemand cette année, je me rends compte que tout revient quand même vite ! Avec un peu de motivation et d’engagement, j’espère bien vite retrouver « mon niveau ». 😁

Et comme je l’expliquais dans le premier article de la série, encore aujourd’hui, j’ai des restes de mon séjour en Bavière. Si on me dit « Servus » pour me saluer en Allemagne, je le comprendrais sans problème. De même, il me reste parfois des bribes de prononciation issues de Bavière (comme le -ig à la fin des mots prononcé -ik, comme dans lustig ou Honig). Mais ce n’est en rien gênant ou handicapant.

Les souvenirs de mon échange Sauzay : un chapeau, mais surtout la langue allemande ! © Clara Delcroix
Les souvenirs de mon échange Sauzay : un chapeau, mais surtout la langue allemande ! © Clara Delcroix

Une sensibilité accrue aux Allemands et à leur culture ?

Pour ce point, c’est plus au moins objectif : non seulement mon échange Sauzay a influencé ma relation à l’Allemagne et aux Allemands, mais aussi la section AbiBac.

En tout cas, il est vrai que désormais, « j’accroche » facilement avec les Allemands. Je comprends bien leur culture, et je m’entends souvent bien avec eux.

L’année dernière, en Lituanie, l’une de mes meilleures rencontres était allemande : ma colocataire Natalie, avec laquelle nous sommes restées très proches depuis nos retours respectifs. Et devinez qui cette année, à l’université, a rencontré des Allemandes dans l’amphi ?

De plus, j’essaie de garder un œil sur l’actualité allemande. J’aime aller en Allemagne et il m’arrive d’écouter de la musique allemande, de lire en allemand, livres ou journaux, et je suis une grande fan de Karambolage sur ARTE. Mais comme dit précédemment, difficile de dire si tout cela est issu de l’AbiBac ou de l’échange Sauzay… sûrement un mélange des deux. 😉

Et vous, comment avez-vous vécu votre échange Sauzay ? Quel(s) souvenir(s) en conservez-vous ?

© Clara Delcroix
Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur Pinterest 😉


Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee

Afin de valider son échange Sauzay, il faut rédiger un rapport. Voici le mien, rédigé juste après mon retour d’Allemagne, en 2015.

Cet article est le deuxième d’une série de trois, retrouvez aussi L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande et 5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?.

Intentionnellement, je n’ai rien modifié de mes écrits de l’époque, même si, avec le recul, certains points me semblent peut-être à relativiser. Retrouvez donc aussi mon ressenti 5 ans après mon échange Sauzay.

Échange Brigitte Sauzay à Prien-am-Chiemsee, du 2 janvier au 29 mars 2015

Introduction

L’Allemagne est un pays qui m’a plu de suite, après y avoir fait mes premiers échanges (2 semaines en juin 2012 et le second de 10 jours en août 2012). (Re)découvrir une culture ainsi que l’idée de m’améliorer dans une langue me plaisait beaucoup. De plus, cet échange Brigitte Sauzay s’intégrait très bien dans mon parcours scolaire, étant en section AbiBac.

Après une escapade de quelques jours à travers l’Allemagne avec ma famille (visite des plus grandes villes de Bavière : Nuremberg, Ratisbonne, Munich, Neuschwanstein, etc.), je suis finalement arrivée le 2 janvier à Prien-am-Chiemsee, une bourgade d’environ 10 000 habitants qui se situe sur les bords du lac de Chiemsee, au sud de l’Allemagne, en Bavière (à environ 1 heure en voiture de Munich et de Salzbourg).

Ma famille d’accueil était composée d’une fratrie de 4 enfants : ma correspondante (Georgie, 15 ans), sa petite sœur (Gita, 7 ans), son petit frère (Jonathan, 10 ans) et son grand frère (Anand, 17 ans). Les parents étaient en mariage libre : la mère vivait avec les enfants à la maison, et le père venait de temps en temps, notamment le week-end.

Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix
Georgie, ma corres, et moi, à Salzbourg en 2014 © Clara Delcroix

Nourriture et repas

Organisation culinaire d’une journée

La répartition des repas dans une journée est très différente entre l’Allemagne et la France. De plus, dans la famille, plusieurs personnes étant végétariennes, je n’ai presque jamais mangé de viande (à part la charcuterie) et pas beaucoup de repas traditionnels de Bavière ou d’Allemagne. En complément, vous pouvez consulter l’album d’images de mes repas dans la page Facebook de mémé Moniq.

Le premier repas de la journée (le petit-déjeuner, Frühstuck en allemand) était différent en semaine ou le week-end.

En semaine, il se composait de pain (pain noir ou complet ou des petits pains ronds, des Brötchen aussi appelés Semmeln en Bavière) et de confiture, de flocons d’avoine, de muesli (Müsli en allemand) ou de semoule (Griesbrei).

Le week-end, c’était le petit-déjeuner allemand typique. En plus des pains et de la confiture (et du miel, du Nutella et autres pâtes à tartiner sucrées telles que celles aux noix de macadamia et chocolat blanc), on retrouvait différents éléments : de la charcuterie (Aufschnitt en Allemand), du fromage (la plupart du temps, du fromage à pâte dure, mais on retrouve aussi du camembert, ainsi que le fameux Frichkäse ou fromage à tartiner), divers produits à tartiner comme la pâte à tartiner aux lentilles corail, celle aux oranges-raifort ou encore betterave rouge-raifort, etc.

Niveau boissons, c’est du thé, parfois avec du jus d’orange ou du café.

Les jours d’école, à l’heure de la pause, de 9 h 45 à 10 h environ, on a le Brotzeit où chacun mange son Pausenbrot, sandwich accompagné éventuellement de fruits.

Le déjeuner (Mittagessen) se prend à midi les jours de cours. La plupart du temps un seul plat principal le compose. On y ajoute quelques fois un fruit ou un dessert. Petite curiosité : le repas de midi peut très bien être sucré (riz au lait, Kaiserschmarrn, etc.). À la maison, on le mangeait plutôt entre 13 h et 16 h.

 

Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix
Un petit-déjeuner allemand traditionnel, mélange de sucré et de salé © Clara Delcroix

Pas de goûter en Allemagne, mais beaucoup de grignotage entre les repas me semble-t-il !

Le repas de soir (Abendessen) se mange entre 17 h et 22 h, mais plus généralement entre 18 h et 19 h (une fois on l’a même mangé à 2 h du matin vu qu’on rentrait du bal de fin d’année). À la maison, il se compose généralement de sandwichs (toutes sortes de choses sur la table et chacun se sert pour faire ses sandwichs) accompagnés parfois de légumes en salade (souvent de concombre). Pour compléter le tableau, j’ai mangé à de rares occasions des gratins, des pâtes, de la quiche et de la soupe (le tout sans réelle grande variété).

Spécialités culinaires de Bavière

  • Weißwurst mit Semmel : deux saucisses blanches (saucisse de veau et de porc, épicée de persil et de citron) accompagnées d’une boule de pain et de moutarde sucrée
  • Knödel (sorte de quenelle), il en existe différentes sortes (liste non-exhaustive) :
    • Semmelknödel (au pain)
    • Spinatknödel (aux épinards)
    • Kartoffelknödel (aux pommes de terre)
  • Back-Camembert : on pourrait penser camembert égale France, mais en Allemagne le camembert pané et frit est très répandu (petite précision : c’est bon, mais j’ai jamais vraiment trouvé que ça avait le goût de camembert)
  • Krapfen : beignet (le plus courant est le Aprikosen-Krapfen ou beignet à l’abricot)
  • Leberkäse : pain de viande à base de corned-beef, de lard et d’oignons
  • Butterbretzel : un bretzel coupé en deux et tartiné de beurre
  • Currywurst : la plupart du temps découpée et servie accompagnée de ketchup au curry et de frites ou d’un Brötchen
  • Topfenstrudel : sorte de chaussons aux pommes mais pas aux pommes, au Quark (sorte de fromage blanc)
  • Spätzle : sorte de pâtes, la plupart du temps revenues avec de l’oignon et du fromage
  • Dampfnudel : pain blanc ou au lait gonflé à la vapeur (personnellement, je trouvais que ça ressemblait à un pain cuit à moitié)
  • Obazda (fromage blanc, beurre et camembert mélangés et assaisonnés de poivre et de paprika)

École

En Allemagne, je n’étais pas scolarisée dans une école publique, mais dans une école Waldorf (ces écoles privilégient les activités manuelles et artistiques en complément des activités intellectuelles). Ce type d’école est beaucoup moins présent en France qu’en Allemagne (environ 10 fois moins) : 230 écoles de ce type en Allemagne contre une vingtaine en France.

Les cours commençaient tous les jours (mais le samedi, il n’y a pas d’école) à 8 h. L’école étant à moins de 5 minutes à pieds de la maison, je me levais vers 7 h. Les deux premières heures sont consacrées à l’Epoche (un cours spécifique d’une à plusieurs semaines). Par exemple une Epoche de chimie, mais il n’y a pas d’autres cours de chimie en dehors de cette période.

Cette Epoche est suivie d’un quart d’heure de pause autour de 10h, appelée Brotzeit en Allemagne, soit le temps du pain (voir la partie sur la nourriture). Après cette pause, les cours reprenaient pendant 2 Stunde (heures de cours, donc 45 minutes en Allemagne).

Nous avions ensuite la pause de midi, puis, selon les jours, 2 à 4 Stunden dans l’après-midi.

La classe est composée d’une bonne vingtaine d’élèves. Malheureusement, j’ai trouvé dommage que quasiment aucun d’entre eux n’ait tenté de discuter avec moi. Le matin, c’était à peine si 2-3 personnes me disaient bonjour. Je ne me suis donc pas fait, à mon grand regret, d’amis à l’école.

J’ai l’impression que les professeurs m’ont plutôt appréciée, vu que j’écoutais les cours et essayais même parfois de participer.

Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix
Le lac de Chiemsee, à Prien-am-Chiemsee © Clara Delcroix

Loisirs

Comme ma correspondante fait de la gymnastique, je l’ai accompagnée à ses entraînements. Au début de mon séjour, on y allait deux fois par semaine, puis la fréquence a diminué à une fois par semaine pour la deuxième partie de mon séjour. Les gens étaient plutôt sympathiques, on y discutait beaucoup, mais je n’ai pas eu de nouvelles des personnes de la gym depuis mon retour.

J’ai aussi suivi un cours de danse avec l’école et ainsi participé au bal de fin d’année (Abschlussball) qui était bien.

Le soir, après les cours, Georgie allait souvent voir son petit copain s’il ne venait pas à la maison. Sinon, elle restait fréquemment dans sa chambre pour faire ses devoirs – ou autres choses – et régulièrement, elle faisait un jogging. De ce fait, je devais me trouver seule des occupations. J’avais rapporté un pull-over à tricoter, ainsi que ma guitare et de quoi dessiner.

De plus, je me suis très bien entendue avec la petite sœur de ma correspondante qui est très manuelle, comme moi. Je lui ai appris plusieurs choses en tricot et en crochet. Je m’occupais souvent d’elle le soir (vers la fin de mon séjour, aussi pour les devoirs parfois), un peu comme une jeune fille au pair devant s’occuper des enfants…

Les deux dernières semaines, je faisais parfois la cuisine, mais c’était un peu un défi pour moi avec le peu d’équipements et d’aliments que j’avais en comparaison à ce que nous possédons chez moi, à la maison.

Le week-end, nous sommes très souvent allés à Steinplatte, en Autriche. C’est une très grande station de sports d’hiver avec ses 42 km de pistes skiables, ses 13 remontées mécaniques et ses 1 120 m de dénivelée. Cela m’a permis de m’améliorer en ski et aussi de prendre confiance en moi sur la neige, car au début (par exemple) je n’osais pas sauter au FunPark (lieu avec des sautoirs), alors qu’à la fin je le faisais.

En revanche, je regrette d’avoir fait aussi peu de visites de villes, de lieux, car Munich n’était pas loin, le lac de Chiemsee, le château d’Herrenchiemsee, etc non plus. Je n’ai visité que Salzbourg, la dernière semaine, après avoir dû lourdement insister ! Mais j’ai eu raison, car c’était vraiment agréable même si le climat n’était pas de la partie. On a vu le jardin Mirabell, la maison de naissance de Mozart (ainsi que la Getreidegasse par la même occasion), la Residenzplatz, etc.

Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix
Steinplatte, station de ski autrichienne © Clara Delcroix

Différences France – Allemagne

  • Les passages piétons. En France, nous avons des passages piétons et des feux rouges, mais nous traversons n’importe où n’importe quand (en faisant tout de même attention à ne pas nous faire écraser). En Allemagne, on ne traverse qu’aux passages piétons et quand le feu est vert. Cette différence se remarque aussi en France lorsque je me balade avec Georgie (ou d’autres correspondantes). Elle ne fait pas attention pensant que l’on traverse réellement sans regarder (alors qu’on le fait en anticipant, sans même s’en rendre compte) et a risqué de se faire écraser à plusieurs reprises.
  • Le vélo. Le vélo est important en Allemagne. Mais quand je dis important, c’est très important. Qu’il pleuve, neige, grêle, vente ou que ce soit verglacé, on se déplace à vélo. De plus, les pistes cyclables sont sur les trottoirs, c’est-à-dire délimitées par une peinture sur le sol et interdiction aux piétons d’être sur cette zone.
  • L’eau gazeuse est beaucoup plus présente que l’eau plate. Si vous allez au restaurant et demandez de l’eau, on vous servira de l’eau à bulles ; il faut préciser si l’on veut de l’eau plate. En parlant des restaurants, l’eau est payante (et n’allez pas demander de l’eau du robinet, on vous prendrait pour un fou), ainsi que le pain (il n’y a pas de corbeille de pain sur la table).
  • Repas de midi. Les Allemands sont étonnés par notre pause de midi qui dure une heure complète et que la plupart du temps on mange pendant plus de 30 minutes.
  • Petit-déjeuner. Autre différence déjà évoquée lorsque j’ai parlé des repas : les charcuteries et le fromage au petit-déjeuner.
  • Inviter ses amis au petit-déjeuner est une coutume allemande sympathique. D’ailleurs dans ma famille d’accueil, ils sont plutôt du matin (enfin, la « grasse mat’ » le dimanche, ils ne connaissent pas, si on se lève à 10 h, c’est déjà très tard) et le soir, ils sont très vite fatigués (aux environs de 9 h, tout le monde dans les chambres et dodo !).
  • Automobiles. Sur le parking d’Aldi ou Edeka, il n’est pas rare de voir des Porsche ou des Mercedes…
  • Les bouteilles sont consignées.
  • Bises et câlins. On ne se fait pas la bise en Allemagne. Avec les personnes proches, c’est un câlin pour dire bonjour et avec les autres, on leur sert la main.
  • Les places de cinéma sont numérotées.
  • Manger des glaces en hiver, c’est normal ! D’ailleurs dans de nombreuses rues, on trouve un glacier.
  • Les Allemands ont un niveau en langues étrangères nettement supérieur aux Français.
  • Et tant d’autres…

Pour conclure, je trouve que mon séjour s’est bien passé, malgré quelques petits points négatifs dont certains sont indiqués dans les parties précédentes. Cela a enrichi mon vocabulaire allemand.

© Clara Delcroix
Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur Pinterest 😉


L’échange Brigitte Sauzay, pour vivre 3 mois dans une famille allemande

Un échange Brigitte Sauzay permet de vivre 3 mois en immersion dans une famille allemande. Grâce à ce programme, il y a presque 5 ans, je suis partie à Prien-am-Chiemsee, au sud de l’Allemagne.

Cet article est le premier d’une série de trois, retrouvez aussi Mon échange Brigitte Sauzay en Allemagne, à Prien-am-Chiemsee et 5 ans plus tard, que reste-t-il de mon échange Sauzay ?.

Qu’est-ce qu’un échange Sauzay ?

Dans le cadre du cursus AbiBac (baccalauréat français et Abitur allemand), faire un échange nous était grandement recommandé, notamment les échanges Sauzay ou Voltaire. Si vous vous le demandez, Brigitte Sauzay était une interprète de langue allemande. Elle a notamment travaillé auprès de plusieurs chefs d’État français.

L’échange Sauzay est, en principe, réalisable en 4ème, 3ème, 2nde et 1re. En général, pour une durée totale de 6 mois : 3 mois en France et 3 mois en Allemagne (mais les plus jeunes peuvent réduire un peu la durée). Mais après, tout dépend des établissements. Le plus simple est donc de se rapproche de son enseignant d’allemand.

Pendant l’échange, l’élève vit dans une famille d’accueil : la famille de son(sa) correspondant(e). C’est l’occasion de partager le quotidien d’une famille allemande, d’un collégien ou lycéen allemand, voire de créer des amitiés outre-Rhin.

C’est aussi une bonne opportunité pour s’améliorer en langue allemande ! Pour ma part, avant l’échange, nous nous étions mises d’accord avec ma correspondante : en Allemagne nous parleront uniquement allemand, et en France uniquement français. Je connais certaines personnes qui se sont retrouvées à parler uniquement allemand ou uniquement français lors de leur échange. C’est un peu dommage, car, pour moi, l’idée est que les deux partis puissent s’améliorer.

Dernier point concernant les cours normalement suivis en France : normalement, sur la durée de l’échange, il ne faudra pas rattraper les cours français. J’ai passé quelques DS en Allemagne, mais ils étaient plus décoratifs qu’autre chose : au final, ils n’ont jamais été indiqué dans le relevé de notes de mon lycée.

Nouvelles architectures, nouveaux paysages : ici, un chalet allemand en Bavière © Clara Delcroix
Nouvelles architectures, nouveaux paysages : ici, un chalet allemand en Bavière © Clara Delcroix

Quelle durée pour un échange ?

Un échange Brigitte Sauzay, comme indiqué précédemment, a une durée totale de 6 mois : 3 mois en France et 3 mois en Allemagne. D’autres options existent. Le programme Voltaire s’effectue sur une durée totale de 12 mois : 6 mois en France et 6 mois en Allemagne. Et enfin, on peut prendre part à un programme individuel, de durée libre : par exemple 20 jours (10 jours en France et 10 jours en Allemagne) ou 4 semaines (2 semaines en France et 2 semaines en Allemagne).

Avant mon échange Sauzay, j’avais déjà fait 2 échanges plus cours avec l’Allemagne, entre ma 4ème et ma 3ème : 2 semaines à Ratisbonne et 10 jours à Francfort-sur-le-Main. Ces petits échanges sont un bon moyen pour avoir un aperçu de la vie quotidienne allemande et pour se tester dans un environnement inconnu, voire s’habituer à vivre loin de sa famille (qui peut être très déchirant selon les personnes !).

Mon échange Sauzay s’est bien déroulé : je n’ai jamais eu de gros mal du pays pendant les 3 mois, et j’étais même un peu triste de devoir (déjà) rentrer.

Concernant les échanges Voltaire, je n’ai vu que de rares personnes avec lesquelles ça a fonctionné… Je suis un peu sceptique du fait de partir seul 6 mois à l’étranger lorsqu’on est âgé de 14 ans. En général, au bout de 3 mois, ça « explosait » : il y avait des problèmes avec la corres ou la famille d’accueil, si bien que l’élève changeait de famille… et repartait pour 3 autres mois !

3 mois dans une famille, 3 mois dans une autre, puis retour en France… Pour moi, cela s’apparente davantage à deux échanges Sauzay qu’à un Voltaire…

Autre point auquel on ne pense pas forcément : un échange Voltaire, c’est certes partir 6 mois à l’étranger, mais c’est aussi partager son quotidien pendant une année complète… avec un(e) inconnu(e). Et même si on aime beaucoup la personne, ça peut-être compliqué.

Personnellement, au bout de 6 mois à côtoyer ma corres, j’avais des difficultés à la supporter. Je n’imagine même pas si ç’avait été 12 mois. J’avais juste envie de retrouver mon « indépendance », ma « liberté ». Car la corres « nous suit partout », plus ou moins : à l’école, à la maison, aux activités extra-scolaires… Et pourtant, ma corres et moi sommes encore en contact aujourd’hui, 5 ans plus tard !

Bref, vous l’aurez compris, dans certains cas un échange Voltaire peut très bien se passer, et parfois ça échoue. C’est pareil pour l’échange Sauzay. Et même les échanges plus courts.

Y a-t-il certaines régions à privilégier ?

En général, on choisi son ou sa corres sur des critères d’affinité. Mais, si on annonce à son enseignant d’allemand qu’on va faire un échange Sauzay à Prien-am-Chiemsee, sans se décomposer, son visage émet quand même un certain doute. Prien-am-Chiemsee, c’est la Bavière. Le sud sud de l’Allemagne. À côté de la frontière autrichienne : de l’autre côté c’est le Tyrol !

La région est certes magnifique : bucoliques paysages montagneux et pittoresques villages aux chalets en bois (oui, comme dans Heidi… qui se déroule dans les Grisons, en Suisse d’ailleurs). On y trouve même un resplendissant château de contes de fées au nom imprononçable : Neuschwanstein. Et puis, comment comptez-vous vous intégrer dans une région où l’alimentation est uniquement composée de bretzels, de Weißwurst, et de moutarde sucrée (süßer Senf), le tout accompagné de pintes de bière d’un litre au minimum (vive la fête de la bière de Munich, l’Oktoberfest, soit dit en passant !) ?

Et il faudra forcément apprendre à yodler (oui, les fameux yodel-a-i-ou), afin de se faire entendre au-delà des montagnes. Sans oublier, bien sûr, l’achat de vêtements locaux pour mieux se fondre dans la population locale : Dirndl pour les femmes (robe traditionelle), Lederhose (culotte de cuir), chaussettes jusqu’aux genoux et chapeau à plume pour les hommes.

Trêve de plaisanterie et de clichés (excepté le fait que la région est magnifique, ça pour le coup c’est vrai) : le gros problème pour les enseignants d’allemand, c’est l’accent bavarois. Entre r roulés et mots qui différent par rapport à l’allemand enseigné à l’école, ils s’inquiètent. Allez-vous comprendre les locaux ? Et vont-ils vous comprendre ? N’allez-vous pas revenir avec un gros accent bavarois ?

Eh bien, disons que comme pour les accents régionaux français, en général, dans les grandes villes le problème ne se pose pas trop. Et même à Prien-am-Chiemsee et ses 10 000 habitants, dans ma classe, seul un élève avait un fort accent. Désormais, je ne rencontre aucun problème pour me faire comprendre dans les autres parties de l’Allemagne, impressionnant, non ?

Bien sûr, encore aujourd’hui, j’ai des restes de mon séjour en Bavière. Si on me dit « Servus » pour me saluer en Allemagne, je le comprendrais sans problème. De même, il me reste parfois des bribes de prononciation issues de Bavière (comme le -ig à la fin des mots, comme dans lustig ou Honig). Mais ce n’est en aucun cas gênant ou handicapant.

Comment se passe un échange Sauzay ? Quelles sont les démarches ?

La première étape : trouver un(e) correspondant(e), corres pour les intimes. Parfois votre collège ou votre lycée peut vous aider. Il faut en parler à votre enseignant d’allemand.

Pour ma part, j’ai utilisé le site de l’OFAJ, l’Office Franco-Allemand de la Jeunesse. Il existe une rubrique « Petites annonces » spécialement créée dans cette optique. Cette même rubrique est aussi très utile pour trouve un(e) correspondant(e) dans le cadre d’autre échanges, plus courts ou plus longs.

Vous pouvez aussi répondre à des annonces existantes, si certaines vous intéressent. J’ai débuté mes recherches environ une année en avance, afin d’avoir vraiment le temps de trouver la personne avec laquelle ça semblait coller au mieux.

L'échange Sauzay peut aussi être un moyen de visiter d'autre villes, comme ici Salzbourg, avec le jardin Mirabell © Clara Delcroix
L’échange Sauzay peut aussi être un moyen de visiter d’autre villes, comme ici Salzbourg, avec le jardin Mirabell © Clara Delcroix

En guise d’exemple, voici l’annonce que j’avais rédigée à l’époque :

Hallo,

Ich heiße Clara DELCROIX. Ich bin ein Mädchen alten 14 Jahren (30.10.1999). Ich wohne in dem Norden von Frankreich, in Lille. Ich habe ein Fisch ohne Name. Ich habe eine Schwestern, Yseult, alten 16 Jahren. Meine Eltern raucht und meine Mutter probiert anhalten. Meine Mutter ist Deutschlehrerin und mein Vater hat ein sehr kompliziert Beruf, aus Kürzung arbeit er am Computer.

Ich liebe Natur, lesen und basteln (kochen, stricken, töpfern…). Ich mag am Computer spielen. Ich klettere und mache Leichtathletik (aber ich mag fast alles Sport). Ich mag auch dem Musik : jetz lerne ich allein Gitarre und ein bisschen Harmonika aber ich kann auch Flöte und Maultrommel spielen.

Ich habe schon zwei Austausch machen : der erste war dicht Regensburg (im Bayern) und der zweite war dicht Frankfurt. Ich habe ein gut Niveau in Deutsch, vielleicht A2 oder B1. Nächst Jahr will ich Abibac machen. Und ich will ein Program Sauzay machen am nächst Schuljahr (2014-2015) aber, wenn du willst, du kannst kommen am Frühling. Wir können auch Skype machen oder Email schreiben. Wenn der Stadt wo du wohnt nicht weit ist, wir können vielleicht uns zu treffen mehr oft 😉

Bis bald!

J’avais déjà un bon niveau d’allemand. Et peut-être bien que ma maman, enseignante d’allemand, avait relu le message avant que je ne le poste… 😉 Bien sûr, il n’était pas parfait (je m’en rends compte en le relisant maintenant). Mais ce n’est pas grave de faire des fautes ! Votre correspondant(e) en fera aussi sûrement. Et l’idée est justement de progresser.

J’ai reçu plusieurs réponses à mon annonce. Birgit, Selina, Anna, Luise, Inga, Katrin… Mais soit les dates ne correspondaient pas, soit la durée, soit tout simplement « la personne »…

Et puis fin janvier 2014, j’ai reçu le mail de Georgie :

Chère Clara

Je m’appelle Georgie et j’ai 14 ans. Une fille come toi je cherchais exactement. Je fait aussi beaucoup de sport. Toutes semaines je fais du acrobatics deux fois. J’aime faire du ski, du mountainbiking et l’escalade au de-hors. J’aime vraiment jouer du violin depuis l’age de cinq ans j’ai . Je suis avec les scouts, où j’ai appris à jouer de la guitare. Un peu je sais jouer aussi du piano. J’ai un grand frère, un petit frère et une petite sœur. Ma mère est enthnologue et mon père est manager de la culture. Je vais à la neuvième classe et il serait pour moi le meilleur pour faire l’échange dans la dixième classe dans l’anné 2015. Nous serions très heureux et tu pourais avoir une chambre privée. Nous habitons dans une petite ville prè lac de Chiemsee. Cet village est entre Munic et Salzbourg.

Donc, écrives-moi bientot

Georgie 😊

Après plusieurs mails et des échanges sur Facebook, c’était conclu : je partirai en premier dans la famille de Georgie, puis Georgie viendra en France.

D’ailleurs, j’ai l’ai laissé le message de Georgie tel quel, sans le corriger, afin de vous montrer que le niveau de langue nécessaire pour un échange Sauzay est tout relatif. Notons qu’après être venue 3 mois chez moi en Seconde, Georgie a passé 6 mois à Paris en Terminale. Au final, elle parlait le français couramment !

J’avouerai qu’à l’époque, ma principale tâche avait été de trouver ma correspondante. Point. Comme les dates nous convenaient à toutes les deux et que l’on semblait bien s’entendre, tout était bon !

Ma maman s’est ensuite occupée de l’organisation « administrative ». J’aurais donc du mal à vous indiquer précisément les démarches. En tout cas, désormais, il faut remplir un dossier d’échange, et au besoin on peut faire une demande de subvention. Mais je vous renvoie vers le site de l’OFAJ qui sera sûrement bien plus à jour que mes informations.

Alors, prêts à sauter dans le grand bain ? Ou bien avez-vous vécu cette expérience ? Qu’en avez-vous pensé ?

© Clara Delcroix


Sur les traces de Romain Gary à Vilnius, en Lituanie

Romain Gary, auteur et romancier français, est né à Vilnius, dans l’actuelle Lituanie. Mais quelles traces y a-t-il laissées ?

Tout d’abord, connaissez-vous Romain Gary ? Diplomate et romancier français, il est né sous le nom de Roman Kacew en 1914 à Vilnius, dans l’actuelle Lituanie. Mais à l’époque, Vilnius faisait partie de l’Empire Russe. Et lors de l’intégration de la Lituanie à la Pologne, Romain Gary est devenu polonais. Par la suite, il déménagera à Varsovie (Pologne) en 1926, puis à Nice (France) en 1928.

C'est de l'appartement n°4 au n°18 de l'actuelle rue J. Basanavičiaus que Romain Gary a passé son enfance à Vilnius © Clara Delcroix
C’est de l’appartement n°4 au n°18 de l’actuelle rue J. Basanavičiaus que Romain Gary a passé son enfance à Vilnius © Clara Delcroix

Sa mère était russe, de confession juive. Et elle n’avait qu’une obsession : que son fils devienne un grand homme. Petit exemple qu’on peut lire sur la quatrième de couverture de La promesse de l’aube.

« – Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !

Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :

– Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

Fait notable : Gary a gagné deux fois le prix Goncourt, or normalement, c’est impossible. En 1956, son ouvrage Les Racines du ciel est primé. Et en 1975, c’est La Vie devant soi, signé sous son pseudonyme Émile Ajar qui le remporte. C’est donc le seul auteur a avoir reçu deux fois ce prix Goncourt.

La promesse de l’aube

La promesse de l'aube - Romain Gary © Clara Delcroix
La promesse de l’aube – Romain Gary © Clara Delcroix

Je dois reconnaitre qu’avant de venir en Lituanie, je ne connaissais pas vraiment Romain Gary. Peut-être avais-je déjà entendu son nom, mais c’est bien tout. Puis, j’ai cherché des ouvrages à lire en rapport avec la Lituanie, avec Vilnius, sa capitale où j’habite. Et c’est alors que j’ai trouvé La promesse de l’aube, un roman d’inspiration autobiographique que Gary a rédigé en 1960.

Il y décrit son enfance à Vilnius, puis son déménagement en Pologne et en France, et enfin son engagement militaire auprès de l’aviation militaire. Mais surtout et avant tout, c’est l’amour que sa mère avait envers lui qui y est dépeint, de manière drôle et émouvante.

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais. »

Et si vous n’êtes pas très lecture, le livre a été adapté au cinéma en 2017 par Éric Barbier.

Comme expliqué précédemment, le début de l’intrigue se déroule à Vilnius, et certains éléments sont encore bien visibles de nos jours (comme les immeubles organisés autour de cours).

Un passage m’a très vite semblé intéressant :

« Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au no 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »

Je n’ai pas été la seule intriguée par ce passage : François-Henri Désérable a essayé de retrouver les traces de ce voisin de Romain Gary dans son roman Un certain M. Piekielny, paru en 2017.

Mais pour ma part, ce qui m’a intéressée, ce n’est pas M. Piekielny, non. Mais bien la rue Grande-Pohulanka.

Entrée dans la cour de l'immeuble où vécut Romain Gary à Vilnius © Clara Delcroix
Entrée dans la cour de l’immeuble où vécut Romain Gary à Vilnius, l’actuel 18 rue J. Basanavičiaus  © Clara Delcroix

Romain Gary à Vilnius

La rue Grande-Pohulanka, à Wilno, ou plutôt devrais-je dire Vilnius. La ville où je vis actuellement. Où est-ce donc ? Après une rapide recherche, je me rends vite compte que ce nom de rue n’existe plus dans l’actuelle Vilnius.

Toutefois, la maison natale de Romain Gary, elle, est toujours présente. Elle se situe au 18 rue Jono Basanavičiaus (ou, si on l’écrivait en lituanien : Jono Basanavičiaus gatvė 18). Parenthèse pour ceux qui connaîtraient la ville : ça se situe dans le prolongement de la rue Trakų, peu avant l’église orthodoxe de Vilnius.

Une plaque (en français et en lituanien) indique l'emplacement de l'immeuble où Romain Gary vécut avec sa mère de 1917 à 1923 © Clara Delcroix
Une plaque (en français et en lituanien) indique l’emplacement de l’immeuble où Romain Gary vécut avec sa mère de 1917 à 1923 © Clara Delcroix

À deux pas, à l’angle des rues Mindaugo et Jono Basanavičiaus, encore une trace de Romain Gary : un jeune enfant tenant une galoche entre ses mains (photo en couverture de cet article). Hum… Quel lien ?

Certains y reconnaitront un passage de La promesse de l’aube :

« C’est ainsi que mon martyre commença. Au cours des jours qui suivirent, je mangeai pour Valentine plusieurs poignées de vers de terre, un grand nombre de papillons, un kilo de cerises avec les noyaux, une souris, et, pour finir, je peux dire qu’à neuf ans, c’est-à-dire bien plus jeune que Casanova, je pris place parmi les plus grands amants de tous les temps, en accomplissant une prouesse amoureuse que personne, à ma connaissance, n’est jamais venu égaler. Je mangeai pour ma bien-aimée un soulier en caoutchouc. »

Et pour terminer ce petit tour du quartier, un restaurant a été ouvert en hommage à l’écrivain : Gary Best Food.

Romain Gary en Lituanie

Bien qu’étant né en Lituanie, Romain Gary est nettement plus populaire en France qu’il ne l’est dans ce pays balte.

Toutefois, lors du centenaire de la naissance de l’écrivain, des archives ont été rouvertes : passeport et autre certificat de résidence prouvent que Gary est bel et bien né à Vilnius. On peut retrouver tous ces documents scannés sur le site des archives nationales lituaniennes. Mais ce site étant en lituanien, ce n’est pas forcément facile pour tout le monde.

Dons si vous avez 3 minutes, ce reportage de France Inter résume bien l’ensemble :

Et voici le web-documentaire de Loïc Salfati évoqué dans le reportage ci-dessus. Idéal pour en découvrir davantage sur Romain Gary, tant sur son enfance à Vilnius que ses œuvres futures.

Et vous, connaissiez-vous Romain Gary ? L’avez-vous déjà lu ?

© Clara Delcroix
Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur Pinterest 😉


Mardi gras en Lituanie : Užgavėnės ou le carnaval lituanien

Dans la soirée du 5 mars, j’ai pris part aux célébrations d’Užgavėnės sur la colline de Tauras à Vilnilus (Lituanie). Užgavėnės correspond au Mardi gras. Mais le but principal des festivités, c’est de chasser l’hiver et d’accueillir le printemps.

Užgavėnės se tient le jour avant le Mercredi des cendres, ce qui correspond à Mardi gras en France. En Lituanie, ce jour n’est pas férié. Aussi, on le célèbre parfois durant le week-end précédent.

À l’origine, Užgavėnės est un festival agricole, mais au début du XXe siècle, il s’est urbanisé. Et désormais il est célébré par de nombreux Lituaniens (même ceux résidant à l’étranger !). Précisons qu’il s’agit à la base d’une fête païenne, mais qui se trouvera rattaché au christianisme par la suite.

Où célébrer ? Un peu partout en Lituanie, sur la place principale des villes et villages. Toutefois, la « capitale » d’Užgavėnės n’est pas Vilnius, mais le Musée de Plein Air de Lituanie situé à Rumšiškės, pas loin de Kaunas. C’est l’endroit qui attire le plus de participants.

Beaucoup de traditions énoncées dans cet article sont d’origine samogitienne (de Samogitie, la région au Nord-ouest de la Lituanie).

Déguisements et masques : ça ressemble au carnaval

Comme pour le carnaval en France, en Lituanie, on se déguise et on défile. Et c’est une vieille tradition : certaines sources de la fin du XIXe – début du XXe siècle mentionnent que les femmes se déguisaient en homme et les hommes en femmes, et allaient rendre visite à leurs voisins.

L’essentiel lors de cette journée est de s’habiller d’une manière différente de tous les jours. Et l’idée principale est d’effrayer l’hiver (soyons laids et assumons 😛).

On trouve donc des masques plus grotesques les uns que les autres (fabriqués en écorce, peau de mouton ou autre, crânes d’animaux, papier, carton…). Mais outre les démons et sorcières, les principaux sont :

  • ours
  • crâne
  • cavalier à cheval
  • la Mort
  • chèvre
  • médecin

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par DELFI.lt (@delfilietuva) le 5 Mars 2019 à 10 :57 PST

Ci-dessus, quelques photos des festivités sur la colline de Tauras, où j’étais. D’ailleurs, j’apparais sur une photo. Me retrouverez-vous ? 😄

Dans les défilés, on trouve aussi d’autres personnages costumés. Ils représentent des groupes ethniques qui, dans la communauté agricole, symbolisaient les « autres » : les personnes qui exerçaient des professions non-agricoles. Comme :

  • Tsiganes
  • Hongrois : connus pour être médecins, dans les processions, ils proposent de vérifier l’état de santé des gens et de leur vendre des médicaments
  • Juifs : connus comme marchands, ils essaient de vendre des choses aux gens lors des défilés
  • mendiants

Ainsi que trois figures emblématiques :

  • Lašininis et Kanapinis
  • Morė

Je reviendrai plus tard sur ces deux derniers points.

Et la nourriture ?

Il est de coutume de manger 7 à 12 fois pendant cette journée (et des choses grasses !) afin de se préparer au mieux pour affronter le carême : pois, beignets, œufs, koldūnai (raviolis locaux), šaltiena (aspic lituanien, à base de porc), kiunkė (ragoût de viande et de pommes de terre)…

Mais le roi demeure le blynai ou blini en français. Peu importe qu’ils soient nature, au varskė (lait caillé) ou à base de pommes de terre, l’essentiel, c’est leur forme : ronds, comme le soleil qui va venir avec le printemps. Étonnement, il semble que cette tradition soit plutôt récente : elle serait apparue dans la seconde moitié du XXe siècle.

CC Unsplash Brigitte Tohm https://unsplash.com/photos/EIJD83grkK0
Miam, des blinis !

Lors d’Užgavėnės, les enfants et adolescents sonnent aux portes pour demander des blynai et du café. Si blynai il n’y a pas, alors on doit sortir le porte-monnaie et donner de l’argent. Bon, les enfants sont quand même tolérants et acceptent aussi les bonbons et les fruits. Un air de ressemblance avec Halloween… 😉

Chasser l’hiver, telle est l’idée !

La destruction de Morė

Une poupée de chiffon ou de bois représentant une figure féminine : voici Morė (ou Kotrė), l’effigie de l’hiver. On peut la rattacher à Morana, déesse slave de l’hiver (mais aussi des cauchemars et de la mort).

L’un des événements lors d’Užgavėnės consiste à brûler cette poupée. Bon, en réalité, l’essentiel est de la détruire, donc on peut aussi la noyer par exemple. Pourquoi ? Pour que le printemps revienne plus rapidement, pardi !

Pendant ce temps, on danse des danses traditionnelles. Et lorsque la poupée brûle, on lui crie « Žiema, žiema, bėk iš kiemo ! », qui signifie « Hiver, hiver, fuis ! »

Le combat entre Lašininis et Kanapinis

Deux autres personnages important lors d’Užgavėnės sont Lašininis et Kanapinis.

Lašininis (on pourrait traduire par porcinet) représente un homme obèse. Il personnifie la satiété et symbolise la période de Noël au mardi gras, ou plus simplement l’hiver.

Kanapinis (traduction : homme de chanvre) représente un homme très mince. Il personnifie le jeûne et symbolise la période du mercredi des Cendres à Pâques, ou plus simplement le printemps.

La tradition veut que Kanapinis combatte Lašininis, puis le vainque (le printemps l’emporte sur l’hiver). Kanapinis et Lašininis peuvent avoir des équipes qui s’opposent dans une épreuve de tir à la corde (chacun tire une extrémité de la corde).

Allez, je vous montre tout ça en image dans une petite vidéo :

On dit…

On dit que si on mange bien à Užgavėnės, on sera rassasié toute l’année. Et si on travaille toute la journée d’Užgavėnės (pas vraiment le temps de fêter dans ce cas), il n’y aura pas de repos pendant l’année et le travail ne sera pas terminé.

Pour en savoir plus sur l’histoire du festival et son évolution au fil des ans (en anglais), je vous conseille Užgavėnės: a rural and urban, religious, socialist, and Lithuanian festival of Shrovetide.

Comment se déroulent les festivités de Mardi gras dans votre pays ?


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°3

On poursuit sur ces deux dernières semaines en Erasmus à Vilnius, en Lituanie. Toujours le visa russe, mais aussi des rencontres dans la rue ou au supermarché, et des températures qui descendent !

L’article précédent est ici.

Where is Drogas ?

29.11.2018

Bon je vous arrête tout de suite, Drogas n’a rien à voir avec la drogue. C’est plutôt en rapport avec les drogueries. On y trouve notamment tout ce qui a trait aux soins corporels : savon, shampoings, après-shampoings, masques en tout genre, sels de bains, crèmes hydratantes, etc.

Pour rentrer du centre ville, je prends le trolley n°2. Je peux aussi prendre le n°4, mais en l’occurrence j’étais dans le n°2. La voix du trolley (une voix de femme) annonce « Klinikų stotelė ». C’est mon arrêt !

Je sors. Je commence à partir vers ma gauche pour rentrer chez moi. Et puis non, au final, je vais à droite, je vais aller à ce supermarché RIMI où je n’ai jamais mis les pieds.

Quand soudain, une femme me tombe dessus. Elle commence à me dire quelque chose en lituanien. Mais c’est rapide, trop rapide. Et puis trop long. Je ne comprends rien !

Je sors ma phrase magique : « Atsiprašau, aš nekalbu lietuviskai. » (= excusez-moi, je ne parle pas lituanien). Et la dame semble désappointée. Elle tourne les talons mais j’ajoute « But maybe you speak English ? ». La dame se retourne : « Yes ! Hi ! Do you know where is Drogas ?
– Yes I do. Come, come, come, it’s right here. »

La dame commence à me suivre. On fait à peine deux pas qu’elle s’exclame : « But is it far ?
– No, no, really, just come here, you’ll see it ! »

Elle s’avance de quelques pas supplémentaires et aperçoit l’enseigne que je lui pointe du doigt. « Thank you very much ! Goodbye ! »

Et oui, je connais mon quartier, je peux même aider les Lituaniens à trouver leur chemin ! 😃

Un problème dont on parle trop peu : les cheveux frisés

Ceux qui me connaissent le savent : de nature, mes cheveux ne sont pas lisses. Mais je n’ai jamais pensé que je rencontrerai des problèmes avec ça en Lituanie.

Déjà, pour se fondre dans la masse des Lituaniens, c’est un peu loupé… Mais bon, ce n’est pas très important ça.

Le bon côté, c’est que tout le monde trouve ça super beau, parce que tout le monde a les cheveux lisses ici.

Mais, le mauvais côté, c’est que dans les magasins, il n’y a rien, mais alors absolument rien pour les cheveux frisés et bouclés. Je n’ai jamais vu ça.

En France, je prends limite les trucs pour cheveux afro, au moins ça hydrate bien. Mais ici… Je ne vais pas prendre un truc cheveux abîmés : ils ne sont pas abîmés ! Ils ont juste besoin d’une hydratation basique. Mais ça n’existe pas. Pas dans les supermarchés en tout cas. Et à Drogas, peut-être un ou deux produits mais c’est bien tout.

Et le problème, c’est qu’avec le froid, les cheveux dessèchent encore plus que d’habitude. Bref, nous pouvons clore cette parenthèse #ClaraSePlaint.

Les cerises congelées

29.11.2018

Suite de l’histoire précédente. Je vais donc au RIMI d’Antakalnio. C’est un supermarché pas trop loin de chez moi, mais je n’y suis jamais allée. Peut-être qu’ils vendent des produits qu’on ne trouve pas ailleurs… Qui sait ?

Petit point sur les supermarchés en Lituanie : selon si l’on va à Maxima, RIMI, Iki ou Lidl, les produits différent. Si on cherche des choses bien françaises, mieux vaut aller à Iki. Pour des produits plus allemands, Lidl, évidemment. Maxima, d’après ma prof de marketing est le plus grand supermarché en Lituanie. Mais Rimi, propose un hypermarché pas trop trop loin de chez moi (un hypermarché, c’est encore plus grand qu’un supermarché), et on y trouve vraiment de tout !

Disons qu’à côté de chez moi, les supermarchés sont très nombreux. Ce n’est pas ça qui manque. Mais dans l’ensemble, ils restent très petits (ça me fait penser aux Aldi et Lidl français) et on retombe toujours plus ou moins sur les mêmes produits, surtout en ce qui concerne les fruits et légumes !

Revenons à nos moutons. Dans ce Rimi, je commence à regarder tous les rayons. Je passe devant les bandelė (brioches et autres pâtisseries, on en trouve dans tous les supermarchés pour 3 francs 6 sous), puis le pain et j’arrive aux produits frais.

Une vieille dame m’apostrophe : « Atsiprašau ! » (= excusez-moi). Je lui réponds « Aš nekalbu lietuviskai… » (= je ne parle pas lituanien). Mais la dame me regarde avec insistance. Et moi, ça m’embête de ne pas pouvoir l’aider.

La dame me dit alors « frozen » (oui oui, en anglais 🙃) et je comprends le problème : elle n’arrive pas à attraper un paquet. Mais lequel ? Je pointe du doigt des cerises congelées et demande « Šita ? » (= ça ?). La dame répond « Taip, taip ! » (= oui, oui !). Ouf, c’est le bon paquet ! La dame est trop heureuse, elle s’exclame « Ačiū labai ! Ačiū ! » (= merci beaucoup, merci !). Je ne sais pas dire « de rien » en lituanien, donc je me contente de faire un grand sourire et je pars.

Service de traduction – épisode 2

30.11.2018

Je vais tout d’abord récupérer ma traduction au bureau de poste. Ça va, il n’a pas oublié ma tête depuis hier. Je lui demande si c’est bien 8 €. Oui, c’est ça. Je sors mon dernier billet, un billet de 5 €, puis je vais chercher le reste dans mes pièces. 1 € et 1 €. Hum. Je n’avais pas très bien vu en comptant mes sous avant de partir, j’avais vu une pièce de 2 € et une pièce d’1 €. Oups.

Est-il possible de payer par carte de crédit ?
– Non…
– Vous savez où il y a un distributeur dans le coin ?
– À GO9, le gros centre commercial de Gedimino. [C’est à deux pas.]
– Je peux laisser mon sac et tout ici, je reviens dans un instant ?
– Oui, oui, pas de problème. Vous pouvez m’apporter un billet de 10, j’ai 2 €.

Hop hop hop, me voici à chercher le distributeur, montant au 1er étage, demandant à des commerçants… en fait il est au -1. Je retire de l’argent et retourne à mon bureau de traduction. Je récupère ma traduction.

Ils ont traduit mon nom par « Клара Мариеке Эдвиге Делкройх« . Si vous savez lire le russe, vous comprendrez que c’est une traduction lettre pour lettre et donc qu’à l’oreille ça ne sonne pas trop pareil… Soit.

Direction le centre de demande de visa.

Visa pour la Russie – épisode 2

30.11.2018

La dame d’hier n’est pas là. C’est un monsieur. Je lui présente mes documents. Il est étonné : j’ai tous les documents, je n’ai rien oublié ! (Pour une fois…)

On discute un peu. Une dame le rejoint. Elle ne parle pas anglais (le monsieur traduit en russe pour elle). On commence à discuter sur les prénoms en français. Oui, en Lituanie, ça les étonne toujours que j’ai trois prénoms : Clara, Marieke et Edwige. Même dans mon adresse mail pour l’université, il se sont plantés : marieke.delcroix@université machin truc chose…

Donc à chaque fois, j’explique que c’est la tradition en France, nous recevons les prénoms de nos grand-mères. Mais dans mon cas, ce sont juste des prénoms comme ça, parce que mes grand-mères s’appellent en réalité Monique et Jeanne.

Voilà. Le monsieur m’explique que la Russie est un très beau pays. Et que je pourrai même perfectionner mon Russe là-bas parce que Moscou et Saint-Pétersbourg, ce sont des villes où on tombe facilement amoureux (ah, Nathalie de Bécaud)… Quoique, Paris n’est pas mal non plus pour tomber amoureux.

30 minutes après mon arrivée, je paye les 56 € de frais de visa et je repars. Je pourrais récupérer mon passeport avec visa à partir du 10 décembre, c’est ouvert de 9 h à 17 h.

Quand je récupérerai mon passeport, je ne dois pas oublier un document spécifique. Le monsieur se souviendra de moi, mais bon c’est la procédure, alors ne pas oublier le document !

Et le froid s’empare de Vilnius

30.11.2018

Depuis plusieurs jours, le mercure est descendu à -7°C. Par contre, la température ressentie, elle, est à -14°C. Brrr… Et dire que ça va encore descendre. -20°C, voire -30°C…

La neige recouvre les trottoirs et s’ils ne sont pas assez salés, on manque de déraper. Alors on adopte un style pingouin pour marcher. 😅

Par contre la Néris (la rivière qui coule dans Vilnius), s’est parée de blocs de glace pour un effet des plus beaux.

Les blocs de glace dans la Néris © Clara Delcroix
Les blocs de glace dans la Néris

Visa pour la Russie – épisode 3

04.12.2018

9 h 40. Je suis en train de prendre mon petit déjeuner, sur le point de partir en cours. Mon téléphone sonne. *Imaginez l’accent russe* « Clara Marieke Edwige ?
– Yes, it’s me.
– Yes, the embassy is asking us some documents to prove that you’re really going to Kaliningrad.
– Bus ticket, is it okay ?
– Yes, sure !
– I also have the booking confirmation from the hostels.
– Yes, bring everything that you can ! »

~ Interlude : le cours de marketing ~

Je me dépêche de partir du cours, et pars vers le centre de demande de visa. En chemin, j’imprime mes documents à Copy1 (Antakalnio g. 50, à côté de Šilo tiltas). 0,56€.

Au centre des visas, je présente tous mes papiers (toutes les réservations de bus et d’auberges de jeunesse), le monsieur (avec son accent russe) me dit : « Yes, it’s perfect. Everything is here. And it was really quick. Perfect ! We’ll bring it to the embassy right now ! »

Tout est ok, je me dépêche pour ne pas être en retard à l’école française.

Et un peu de nourriture pour finir

Les découvertes de la semaine en terme culinaire.

  • Želė tortas : littéralement, un gâteau de gelée. En gros, du varskė (lait caillé) gélifié avec des morceaux de gelée aux fruits dedans
  • Varškės apkepas : à mi-chemin entre le cheesecake et le gâteau, à base de varskė (lait caillé)
  • Varškės pyragas : gâteau à base de varskė (lait caillé)
  • Grybukai : des biscuits en forme de champignon
  • Kūčiukai : des petits biscuits au pavot, spécifiques pour la saison des fêtes de fin d’année (on peut les manger dans du lait, comme des céréales)

On se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles aventures. 😉


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°2

Oups, petit mea culpa pour commencer : je n’ai pas écrit ma chronique la semaine dernière ! Qu’à cela ne tienne, me revoici cette semaine. Par contre, écrire deux semaines en un article, ça fait un article… très long ! Donc je divise en deux parties.

Tout d’abord, le lien de la chronique précédente.

Panne d’appareil photo

22.11.2018

Depuis mon voyage à Riga, mon appareil photo est en panne. Il me dit « erreur carte mémoire ». Soit. Je vais à FotoFoto (Švitrigailos g. 11b), une boutique de photo où ils ont vraiment de tout. J’y étais passée samedi 17, mais le réparateur n’est là qu’en semaine. Aujourd’hui, c’est jeudi soir. J’arrive vers 18 h 40, je viens directement après mon job d’animatrice à l’école française.

« Ah bah en fait le réparateur est déjà parti. Il part à 17 h. » Ils regardent quand même mon appareil photo. « Ça peut provenir de ci ou de ça… On peut le mettre sur la file d’attente du réparateur. Pour l’instant c’est au plus deux semaines d’attente. Ça coûte 20 €. S’il y a une pièce à changer, on vous déduira cette somme du montant total. » Marché conclu. Je paye. Je pars.

5 minutes me séparent de l’arrêt de bus. Je suis presque arrivée et m’apprête à prendre le trolley. Mais un pressentiment. Je vais vérifier que j’ai ma carte de transport au cas où il y a des contrôleurs… Pas de portefeuille… Tête de linotte, tu as dû l’oublier au magasin !

Retour à la boutique de photo. Pourvu que ce ne soit pas fermé, il est très peu après 19 h. Ils ferment à 19 h. Ouf, il y a encore de la lumière. J’entre. « Hi ! It’s me again. I think I forgot… » Je regarde vers le comptoir. « Yes, I did. I forgot my… my wallet. Thanks, bye ! »

Ah là là, quand on n’a pas de tête…

Et un appareil d’occasion

J’en ai profité pour demander au monsieur où acheter un appareil photo d’occasion. Il m’a conseillé de regarder sur skelbiu.lt (le bon coin local, c’est génial !). Je trouve un Pentax K20D pour 150 €. Je contacte le vendeur. Le lendemain, 23 novembre, je récupérerai l’appareil.

Les services d’immigration, encore et toujours

23.11.2018

Le 22 novembre, je reçois un mail en lituanien. « Jums siunčiamas dokumentas Nr. […] Data 2018-11-22 » Oui, j’ai coupé le numéro de référence de mon dossier, ce sont les trois petits points entre crochets. Trois pièces-jointes sont attachées. Évidemment tout est en lituanien. Je demande à une amie lituanienne si ça veut dire que je peux récupérer le papier aux services d’immigration. Elle me dit que oui.

Le 23 novembre, je me rends à nouveau au central de police (Naugarduko g. 100), qui abrite aussi les services d’immigration. Je récupère mon document. La dame m’explique quelque chose en anglais. Je ne comprends pas tout. Je comprends « in two weeks » et « Antakalnio ».

Du coup, je lui demande si elle parle des services d’immigration près d’Antakalnio (oui, il y a deux trucs différents pour l’immigration, je n’ai toujours pas compris pourquoi). Elle confirme. Je lui demande si je recevrai un mail. Non, pas de mail. Je rendrai donc visite aux services d’immigration d’Antakalnio à partir du 7 décembre.

Mémé a compris comment mon adresse fonctionne en Lituanie

23.11.2018

Ah, une lettre dans la boîte aux lettres : c’est pour moi ! C’est la carte d’anniversaire de mes grands-parents. Avec près d’un mois de retard. Il faut dire que mémé a eu quelques difficultés avec mon adresse lituanienne. Mais bon, mémé n’a pas été la seule à avoir du mal avec mon adresse en Lituanie. Donc je vais vous expliquer comment les adresses fonctionnent.

En gros, l’adresse se compose comme suit (non, ce n’est pas mon adresse, ni celle de quelqu’un que je connais) :

Prénom Nom
Antakalnio g. 45-12
Vilnius 10325
LITHUANIA (en anglais pour un courrier international, mais LIETUVA dans une adresse en lituanien)

Prénom, Nom, ça se passe d’explications.

Antakalnio c’est le nom de la rue. Le « g. » signifie « gatvė » (= rue). Mais on peut aussi trouver « pr. » pour « proskpektas » (= avenue), par exemple Gedimino pr. pour Gedimino prospektas (la grande avenue de Vilnius, les Champs-Élysées locaux à une moindre échelle), et sûrement d’autres choses.

Mais quand on parle avec des Lituaniens, on dit tout simplement Gedimino, Trakų, ou Konstitucijos. Inutile de préciser si c’est une rue, une avenue ou autre. Et c’est aussi valable pour les adresses postales. On pourrait écrire « Antakalnio 45-12 » sans problème.

Nous arrivons aux numéros. Dans mon exemple, 45 c’est le numéro du bâtiment. Et 12 correspond au numéro d’appartement dans le bâtiment. Donc, oui, il faut écrire les deux numéros – et dans le bon ordre ! Sinon le courrier a quelques difficultés pour arriver, en effet.

À noter : un bâtiment peut avoir plusieurs entrées. Une entrée pour les appartements 1 à 30, une deuxième de 31 à 60 et une troisième de 61 à 90 par exemple.

Ensuite le nom de la ville, le code postal, le pays. Rien de bien spécifique.

Et les étages ?

Tant qu’on est dans le bâtiment, un autre élément très perturbant : les étages. Si on se donne rendez-vous au 1er étage, et bien on parle du rez-de-chaussée en Lituanie ! Donc un Lituanien qui se plaint de devoir aller au 3e au étage va uniquement au 2e étage. Et quand au début, j’ai dit à tout le monde que j’habitais au 4e étage sans ascenseur, c’était le 5e étage sans ascenseur pour les Lituaniens. Ils ont vraiment du se dire que je ne savais pas compter. 😅

Je ne vous raconte pas la galère dans les ascenseurs ! Quel numéro choisir ? Ça demande toujours un instant de réflexion (bon, après 3 mois, je commence quand même à m’y faire). Mais a priori, dans ces mêmes ascenseurs, il n’y a pas d’étage 0, on passe du 1 (le rez-de-chaussée, donc 0 en France) au -1 (1er sous-sol). Je n’ai jamais vérifié, je devrais le faire.

Et Decathlon débarque en Lituanie

24.11.2018

Bon, c’est pas l’événement le plus important du siècle, mais à mes yeux ça compte. Decathlon, MA boutique, débarque en Lituanie. Dire qu’en France j’habite à quelques kilomètres du Decathlon Campus de Villeneuve-d’Ascq, qui est un très très gros Decathlon, l’un des plus grands du monde, si ce n’est le plus grand. 😌

Le 24 novembre, Decathlon a donc ouvert ses portes pour la première fois en Lituanie, à Vilnus. L’adresse : Vikingų gatvė 5 (c’est pas loin d’Ikea). Il faut que j’y fasse un tour. Ce n’est pas encore fait. Mais c’est sur ma « to do list » (une « to do list » longue comme le bras, mais bon…).

Une ampoule à changer, c’est si compliqué

27.11.2018

Mes bailleurs (1home) ne sont pas très efficaces. Nous avons pour contact une dame pas très compétente.

En gros, dès notre arrivée dans l’appartement, nous remarquons deux éléments qui clochent avec mes colocataires :

  • le support de douchette est cassé (le truc qui permet de chanter « Il pleut, il pleut bergère… » sous la douche parce que la douchette est en l’air donc ça fait comme de la pluie)
  • notre boîte aux lettres est ouverte, elle n’a pas de serrure et nous n’avons pas de clef pour la fermer

Mon colocataire estonien avait déjà envoyé un mail en arrivant, en juillet, pour signaler ces problèmes. L’agence ne bouge pas le petit doigt.

À notre arrivée, ma coloc allemande, mon coloc allemand et moi-même décidons d’envoyer un nouveau mail à la dame (notre contact). « Le réparateur va passer. » Bien. Nous attendons. Mais le réparateur ne donne pas signe de vie.

Les problèmes durent

Le 10 septembre, je reçois un mail des supérieurs de la dame : une enquête de satisfaction. Je ne me démonte pas : je dis que c’est bien, mais qu’il y a ces deux problèmes. Ils me répondent, demandent plus de détails, et me disent que ça va être réglé (18 septembre).

5 novembre. Toujours rien de réparé. Je relance la supérieure. Le 8 novembre, je reçois une réponse : ils ont rappelé à notre contact (la dame incompétente) qu’il fallait réparer notre support de douchette.

Par contre, pour la boîte aux lettres, je suis obligée de vous copier-coller la phrase réponse : « The letterbox lock is open so that all of you can get access to the mail:) ». C’est du foutage de gueule ou bien ? Je veux dire… il y a d’autres moyens pour que nous ayons tous accès à notre boîte aux lettres. Je ne sais pas moi… Installer une serrure et nous donner la clef ? Ça peut être une bonne option, non ? Parce que là oui, c’est sûr, on n’y a tous accès, mais pas que nous en fait : tout l’immeuble y a accès !

Finalement, le 15 novembre : oh magie, le réparateur est là et il répare le support de douchette. La boîte aux lettres reste un mystère non élucidé.

On revient à l’ampoule

Pour en arriver au 27 novembre. Je fais la cuisine et je vois la lumière qui commence à clignoter, puis s’éteint. L’ampoule a claqué (je ne suis pas électricienne, mais je peux garantir à 99,9% la véracité de cette affirmation). J’envoie un mail à notre charmante dame incompétente. « Le réparateur passera dans la semaine. »

J’ai demandé à ce que ce soit plus rapide qu’avec la douche.

4 décembre. La semaine est passée, le réparateur non. Je renvoie un mail, un peu plus énervée, expliquant que ce n’est pas très pratique de cuisiner dans le noir (on n’a pas de fenêtre dans notre cuisine). J’attends la réponse.

ISIC, carte étudiante internationale

28.11.2018

Je me suis enfin décidée à acheter mon ISIC (carte étudiante internationale) parce que ma carte étudiante lituanienne n’arrive pas (oui, ça fait 3 mois que j’attends, ils ont quelques soucis de production).

Je me renseigne auprès de ESN Vilnius University. Ils s’occupent des étudiants internationaux et sont vraiment géniaux. Ils sont très rapides à répondre et sympas qui plus est.

Je reçois donc ma réponse : « ISIC you can buy in Gedimino str. 1. 2 floor, the company is called Kiveda. Also you can visit ISIC site. There are more options for sure. »

Je me rends donc sur le site et complète un formulaire en ligne. À l’écran, il s’affiche que je peux récupérer ma carte à Kiveda. Je vais à Kiveda.

Les gens sur qui je tombe sont désagréables au possible. En fait, la carte n’est pas prête, ils doivent la produire. Je n’ai pas tout compris. J’attends et quelques minutes plus tard, voici ma carte. La dame me dit « Ten euros ! ». J’explique que je n’ai pas besoin du titre de transport donc que normalement je dois payer 9 €. Elle me rabroue « Yes, it’s what I said : 9 €. ».

Je paye et me dépêche de partir. Au moins j’ai une carte pour prouver mon statut étudiant.

Visa pour la Russie – 1er épisode

29.11.2018

C’est décidé, au mois de janvier, je pars en Russie. Au programme : Moscou, Saint-Pétersbourg et Kaliningrad (si quelqu’un a des conseils sur ces destinations, c’est bienvenu 😊).

Mais pour aller en Russie, il faut d’abord obtenir son visa. Partout, tout le monde dit que c’est très compliqué de rassembler tous les documents soi-même. Bah, en réalité, ce n’est non plus pas la mer à boire.

La liste des documents, pour moi, française en Lituanie, en 2018 :

  • Mon passeport avec minimum 2 pages vides et une copie de la page avec ma tête, mon nom, etc.
  • Un formulaire en ligne, rempli, imprimé, daté, signé et où on colle une photo d’identité
  • Une lettre d’invitation en Russie, ou « voucher »
  • Une assurance qui couvre les frais médicaux et le rapatriement
  • Et comme je suis française : le document qui certifie que j’ai le droit de résider en Lituanie jusqu’au mois de juin (celui que j’ai récupéré aux services d’immigration)

J’apporte tous mes documents au centre de demande de visa. La dame du guichet regarde mes documents. Tout est bon, sauf celui qui certifie mon droit de résider en Lituanie. Il est en lituanien, il faut le traduire en russe.

Le bureau de traduction

Je vais donc directement au bureau de traduction situé dans la Poste Centrale (Gedimino pr. 7), à gauche après l’entrée. Une Lituanienne me l’a conseillé. Oui, la 1re fois que j’ai dû traduire des documents du français en lituanien pour les services d’immigration, j’ai payé 49 € pour 2 pages. Un peu abusé.

Je présente mon document à traduire en russe au monsieur. Il le regarde. Il me demande si je suis française (à cause de mon nom, Delcroix), puis si j’ai déjà une traduction de mon nom en russe. Euh… pour le coup, non !

Moyennant 8 €, je pourrais récupérer ma traduction le lendemain.

Je demande s’il a besoin de ma carte d’identité ou de mon passeport pour mon nom. « Non, non, je me souviendrais de vous, c’est bon. »

Et le lien vers la chronique suivante. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, les commentaires sont là pour ça ! 😉


En Lituanie, histoire d’une république pas comme les autres

S’étendant sur 0,6 km2, Uzupis est l’un des plus vieux quartiers de Vilnius. Actuellement, c’est surtout l’un des plus chers et prestigieux de la capitale lituanienne. Ce ne fut pas toujours le cas. La gentrification y est allée de son œuvre. Retour sur l’histoire peu commune d’un quartier de bohème devenu république des artistes.

Quartier des moulins, banlieue pauvre, à proximité des maisons closes… À l’époque, Uzupis était loin d’acquérir sa renommée. Vint le régime soviétique. Le quartier est délabré, abandonné. On n’ose même plus y mettre les pieds. Sa réputation ? Le quartier le plus dangereux de la capitale. Et cette étiquette lui colle à la peau jusque dans les années 2000.

Toutefois, l’Académie des arts de Vilnius à est à deux pas d’Uzupis. Et dans les années 90, les étudiants squattent le quartier. Ils commencent à s’installer illégalement dans les maisons vides, établissant leurs ateliers dans les caves et les greniers.

Un livre photo repose sur un piano © Clara Delcroix
Uzupis est un quartier de bohème, peuplé de nombreux artistes © Clara Delcroix

En 1991, c’est la chute de l’URSS. Les statues des dirigeants soviétiques sont détruites. Seuls résident les piédestaux, vides. Dans la rue K. Kalinausko de Vilnius, un buste de Lénine est démoli. À la place, on y érige celui de Frank Zappa, star du rock américaine. Ne vous y méprenez pas, Frank Zappa n’a aucun lien avec la Lituanie : il ne l’a même jamais visitée ! C’est avant tout un symbole de liberté – et une prémisse de l’indépendance d’Uzupis.

2 ans plus tard, le 1er avril 1997, Romas Lileikis et Tomas Čepaitis ont l’idée de faire d’Uzupis une république : l’indépendance est proclamée. R. Lileikis devient président à vie et T. Čepaitis ministre des Affaires étrangères (tous deux auto-proclamés). Le siège du gouvernement – qui est aussi le Parlement – est situé dans l’Užupio kavinė, un café. Mais c’est plus un canular qu’autre chose (on est le 1er avril pour rappel).

Une galerie d'art dans le quartier d'Uzupis © Clara Delcroix
À Uzupis, les œuvres sont présentes dans la rue, mais aussi dans les nombreuses galeries © Clara Delcroix

Et la République d’Uzupis s’installa

Sauf que… plus de 20 ans après, le canular dure et l’indépendance (bien que non reconnue officiellement) est célébrée tous les 1er avril.

Uzupis a son évêque, et une reine est élue chaque année. Seul critère de sélection pour cette dernière : être joliment assise sur son trône. N’importe qui peut devenir ambassadeur ou consul d’Uzupis, en laissant un message sur le site internet de la République par exemple. À une époque, Uzupis avait une dizaine de soldats, mais ils n’existent plus : le pays est pacifique, il serait donc étrange d’avoir une armée.

Et bien évidemment, la République d’Uzupis possède son hymne, son drapeau, sa devise (« Ne triomphe pas, ne te défends pas, ne te rends pas. »), sa monnaie (l’EuroUzh, 1 EuroUzh = le prix d’une bière dans le café-parlement = 2,20 €), et on peut y faire tamponner son passeport.

La constitution d'Uzupis existe aussi en français ! © Clara Delcroix
La constitution d’Uzupis existe aussi en français ! © Clara Delcroix

La constitution d’Uzupis a été écrite en 1998 (en 3 heures). Elle mérite qu’on y attache plus de temps. Ses 41 articles sont affichés sur les murs de la rue Paupio dans une trentaine de langues. Exemples d’articles :

  • 3. L’Homme a le droit de mourir, mais ce n’est pas un devoir
  • 12. Le chien a le droit d’être un chien
  • ou encore 37. L’Homme a le droit de n’avoir aucun droit.

Mais le plus simple, pour comprendre Uzupis, c’est bien d’y aller !

Tout a été réalisé dans le cadre d’un travail pour l’Académie ESJ Lille.


Chronique d’une française en Erasmus à Vilnius en Lituanie – n°1

Je suis à Vilnius, en Lituanie depuis plus de deux mois désormais, et je me rends compte que je n’écris pas beaucoup sur mon blog… alors qu’il m’arrive plein de petites anecdotes ! Je vais donc essayer de faire une chronique hebdomadaire avec toutes ces histoires. 😊

Le magasin de photos

12.11.2018

Je veux imprimer des photos pour les envoyer à mes grands-parents. Oui ma grand-mère s’est plainte auprès de mon père : a priori, je ne lui enverrais pas assez de courrier !

Je vais donc à la boutique de photos. J’énonce ma phrase en lituanien, toute belle, bien préparée : « Labas vakaras, ar kalbate angliškai? »

Mais non, le monsieur de la boutique de photo ne parle pas trop trop anglais, il le fait comprendre avec sa tête.

Du coup pour demander d’imprimer les photos, je dis : « Uhm… “tch-tch” foto ? », en montrant la clef USB (oui « tch-tch » c’est le bruit de l’imprimante).

Le monsieur dit : « Tomorrow. » Je m’apprête à partir. Mais le monsieur me fait comprendre qu’il peut transférer les photos sur l’ordinateur, mais qu’elles ne seront pas imprimées avant demain.

Je donne la clef USB. Le monsieur commence l’importation.

Je dis : « Small. » Bah oui, je ne vais pas prendre des photos grand format, elles ne rentreront pas dans l’enveloppe. Mais le « small », le monsieur ne comprend pas. Donc j’écris « 9*13 » sur son smartphone, les dimensions de la photo en somme. Le monsieur acquiesce.

Pour payer, le monsieur dit : « vienas keturiasdešimt », ou quelque chose comme ça. 1,40€, il le montre sur sa calculette. Je paie.

Vient le moment où il demande : « Vardas? » Ah oui, le nom. En général, avec « Delcroix » ils ont un peu du mal en Lituanie, ça doit être un peu trop français. Je sors donc mon portefeuille, sous l’œil intrigué du monsieur, et prend le premier document qui vient : mon permis de conduire. Je montre mon nom. Le monsieur commence à écrire D-E-L-C-Z-O-… ça part en cacahuète. Il ne termine pas d’écrire et dit : « Gerai, gerai ». Ça veut dire que c’est bon. Je pars, je pourrais récupérer mes photos demain.

Bah oui, c’est sûr que des Français, on n’en croise pas tous les jours dans la petite boutique de photos d’Antakalnio 73, le « Fotocentras ».

Les photos imprimées et mon nouvel investissement : une théière © Clara Delcroix
Les photos imprimées et mon nouvel investissement : une théière ©Clara Delcroix

La poste restante

13.11.2018

Je vais à la poste pour demander s’il offre un service de poste restante (sur une demande de mon papa).

À la poste, il faut demander un ticket à la machine. Il faut donc sélectionner pourquoi on vient à la poste. Heureusement la machine parle anglais. Je sélectionne « Information ». Le petit ticket s’imprime : 907.

Un écran affiche les numéros avec le guichet auquel il faut aller. Je patiente. Mince, le monsieur qui parle anglais ne semble pas être là aujourd’hui. Oui, à force d’aller à la poste, je connais les différentes personnes qui y travaillent (la poste est à deux pas de chez moi, Antakalnio g. 75).

907. « Ah, c’est mon tour ! »

Je ne suis jamais tombée sur cette madame, alors je tente : « Labas vakaras, ar kalbate angliškai? » La dame fait signe moyen-moyen avec la main. Je poursuis quand même en anglais (on ne sait jamais) : « Do you offer the poste restante service? » (je vous assure, ça se dit comme ça en anglais).

La dame s’adresse en lituanien aux autres gens qui attendent. Au début je ne comprends pas. Je pense que c’est parce que le bureau de poste va bientôt fermer et qu’il y a trop de monde qui attend.

Mais ensuite je comprends. Je ne peux vous dire exactement ce que la dame a dit, mais la traduction revient plus ou moins à : « Est-ce que quelqu’un parle anglais ? »

Un monsieur s’avance. Je lui dis : « Hi! », le monsieur répond : « Hi! », je poursuis : « I want to ask her if they offer the post restante service here. » Le monsieur est perplexe. Je réessaie : « Poste restante *prononciation à l’anglaise* ? Poste restante *prononciation française* ? » Non, définitivement, ça ne passe pas.

Donc j’explique : « When you don’t have a mailbox, can you receive letters in this post office? » Le monsieur traduit à la dame. La dame répond. Le monsieur me traduit : « You can rent a mailbox here. » Il pointe des boîtes aux lettres du doigt. Je demande : « And what’s the price for this? » Le monsieur demande donc à la dame : « Kokia kaina? » La dame répond, le monsieur traduit : « It’s 4€ per month. » Je dis « Ačiū, viso! » à la dame, puis « Thanks, goodbye! » au monsieur.

Bref, ils ne semblent pas avoir la poste restante dans ce bureau de poste. Je tenterais ma chance autre part.

Petit problème de prononciation sur un nom un peu trop français

13.11.2018

Je me rends dans une banque pour récupérer ma carte étudiante, la LSIC ou LSP (oui, je ne l’ai toujours pas, et au final ils ne l’avaient pas encore). Donc la dame me demande mon nom. Aïe !

Une banque à Vilnius © Clara Delcroix
Attendre dans la banque pour récupérer sa carte étudiante ©Clara Delcroix

C’est un problème récurant. Les lituaniens sont incapables de prononcer mon nom de famille correctement. Mon prénom ça passe toujours. Clara, c’est relativement international. Ça existe aussi en allemand, en anglais, en espagnol, en russe… Je vous l’accorde, ce n’est pas tout à fait la même prononciation, mais ça reste relativement proche (le r bien dur, à la française, en général c’est pas trop ça).

Mais Delcroix, aïe aïe aïe…

Déjà, quelle idée de mettre un i après un o. C’est censé se prononcer comment ? Vous allez me dire : « C’est évident, on dit [wa] ! » Oui, mais vous êtes francophones. Pour les autres, c’est une autre histoire…

Et puis le x à la fin. Qu’est-ce qu’il fait là lui, hein ? S’il est là, c’est sûrement qu’on le prononce… Bah non ! En gros, désormais, je m’appelle Dilecroïxe. Mais, bon, je m’en amuse, ça ne me dérange pas plus que ça ! 😉

Un cours de maths… après une courte nuit !

14.11.2018

Quand on est en Erasmus, on est à l’étranger avant tout pour étudier. Mais je dois avouer que les réveils à 6 h 30 sont parfois (souvent ?) difficiles. Petit illustration avec ce cours de maths…

Clara regarde l’heure.

« Il est 37, le prof termine son cours en retard, nous sommes censés partir à 30… C’est étrange… »

Clara regarde à nouveau l’heure.

« Mince, en fait il n’est que 10:37, et on termine à 11:30. Tout s’explique ! »

Pas de bise, mais des bisous sur la bouche ?

15.11.2018

Lors d’une discussion avec une lituanienne, j’apprends que les lituaniens peuvent s’embrasser sur la bouche lorsqu’ils sont très très proches (je parle ici d’une relation amicale, et non amoureuse).

Je le poste sur Facebook et au final c’est un peu controversé… Certains lituaniens s’exclament que c’est faux, d’autres que c’est un mensonge !

Alors vrai ou faux ? Ça dépend avant tout des personnes, et des familles… S’embrasser avec ses parents semble ce qu’il y a de plus courant. Mais, oui, oui, c’est aussi possible avec des amis (mais sûrement bien moi courant).

Petite histoire rapportée par une française. Son copain (lituanien) est danseur. Il danse avec les mêmes filles depuis qu’ils sont tous très jeunes. Ils se connaissent donc très bien et sont très proches. La première fois que cette française accompagne son copain à la danse, elle le voit embrasser toutes les filles sur la bouche. Je vous laisse imaginer sa réaction !

Mais je vous rassure, en temps normal, c’est plutôt le câlin qui prime avec les amis.

Pour les services de migration, je suis le n°810, citoyenne de l'Europe © Clara Delcroix
Pour les services de migration, je suis le n°810, citoyenne de l’Europe ©Clara Delcroix

Les services d’immigration à Vilnius

16.11.2018

Comme je reste en Lituanie plus de trois mois, bien que citoyenne européenne, j’ai besoin d’un certificat. De son nom complet : « pažymą Europos Sąjungos valstybės narės piliečio teisei laikinai gyventi Lietuvos Respublikoje patvirtinti » en lituanien, « certificate confirming the right of the citizen of the EU Member State of temporary residence in the Republic of Lithuania » en anglais, ou en français « certificat qui atteste le droit d’un citoyen d’un pays membre de l’UE de résider temporairement dans la république de Lituanie ».

Rien de bien compliqué pour obtenir ce papier… encore faut-il avoir tous les documents, et les traductions si nécessaire ! Passeport (ou carte d’identité), carte européenne d’assurance maladie, contrat de location pour l’appart, lettre de l’université, extrait de compte bancaire… je pense que je n’ai rien oublié (dans le cadre d’un Erasmus, après ça dépend de la situation de chacun).

Mais j’ai quand même dû m’y rendre à 3 reprises afin de pouvoir tout rassembler (c’est aussi mon manque d’organisation qui doit jouer ici). Et il m’a fallut faire traduire l’extrait de compte bancaire. Mais ensuite, c’est très rapide : un formulaire à remplir et hop ! C’est tout bon !

Sous deux semaines, je vais recevoir un mail m’indiquant que je peux récupérer le papier. Ouf ! Parce que l’Office des migrations (Migracijos valdyba) se situe dans le commissariat central, Naugarduko g. 100. Et ce n’est pas la porte d’à côté pour moi !

En bonus : un peu de nourriture

Cette semaine, j’ai acheté du fromage fumé fermenté et c’est très bon. Un goût particulier, mais pas forcément très fort. À tester accompagné de pain noir (et du beurre selon le goût) !

Le fromage fumé fermenté sur du pain noir © Clara Delcroix
Le fromage fumé fermenté sur du pain noir ©Clara Delcroix

J’ai aussi eu la (mauvaise) idée d’acheter une baguette. Elle ressemblait aux baguettes pour la fondue (elle était rassie quoi). Mais ce que j’ai trouvé plus amusant, c’est qu’il y avait un « mode d’emploi » sur l’emballage : comment croquer la baguette (et non la couper au couteau).

L'emballage de la baguette © Clara Delcroix
L’emballage de la baguette ©Clara Delcroix

Sur ce je vous laisse. N’hésitez à me poser des questions si vous en avez, sinon on se retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles anecdotes ! 😉

La chronique suivante, c’est par ici.

© Clara Delcroix